Critique : La mélodie du malheur de Takashi Miike

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Date de sortie
31/10/2001
Réalisateur
Takashi Miike
Pays
Japon
Notre score
3.5

Si il y a bien un réalisateur japonais auquel le genre de la comédie musicale correspond bien, c’est Takashi Miike. Son excès et son exubérance semblent être faits pour se marier avec l’outrance du genre, et c’est ainsi qu’il réalise en 2001 The Hapiness of The Katakuris, ou La mélodie du malheur en français. 

Mais l’extravagance du réalisateur ne s’arrête pas là. En effet, Miike c’est aussi l’ultraviolence et les films horrifiques. Plus qu’une comédie musicale dont, Miike signe ici une comédie musicale de zombies. 

L’histoire est simple et porté par un ton noir assez amusant : une famille dans le rouge financièrement ouvre un hôtel dans un coin isolé du Japon, et les quelques clients qui se pointent finissent tous par mourir dans l’établissement, volontairement ou non. Ils décident de cacher ces morts aux autorités pour ne pas souffrir de la mauvaise publicité …

Vous l’aurez compris, le Miike ne fait pas dans la dentelle, et n’épargne ainsi personne de son cynisme profond.

Dès la première séquence musicale, la couleur est annoncée : Miike est dans l’extrême, la parodie, et c’est délicieusement drôle. Chacune des musiques – arrivant par la suite de manière un peu aléatoire dans le récit – deviendra à son tour une petite bulle de folie dans ce long récit morbide et violent. 

Car oui, on peut reprocher à La mélodie du malheur une certaine longueur qui se fait ressentir entre les chansons, entraînant un rythme assez inégal et donc un film auquel il peut être difficile de rester accroché. En effet, si la première partie du film parvient à nous garder amusés, le schéma très répétitif de l’action peut vite faire regretter que le film ne fasse pas quelques dizaines de minutes de moins… 

Qui plus est, les numéros musicaux qui viennent bien souvent sauver d’un ennui proche grâce à leur côté délurés sont malheureusement bien souvent trop courts, ce qui résulte en un certain déséquilibre assez fâcheux quand on aurait souhaité voir ces numéros durer un peu plus.

Malgré tout La mélodie du malheur ne peut qu’être saluée pour son inventivité sans limites, très marqués surtout par la multiplication des procédés utilisés le long du film : du clip version karaoké à des séquences en stop motion pâte à modeler, Miike ne s’impose aucune barrière et il en ressort un joyeux bordel qui reste tout de même très plaisant à suivre, tant on attend la prochaine image qui nous étonnera. Qui plus est, le film reste très culturellement marqué et fonctionne certainement d’autant plus auprès du public japonais qui possède toutes les clés pour le déchiffrer. 

On sent aussi que l’ensemble du casting prend énormément de plaisir à se prendre en dérision ainsi. Une bonne humeur générale se dégage donc à l’écran, et est assez communicative !

La fin du film se place parfaitement dans la continuité de tout cela en proposant une sorte de bouillon incompréhensible mais qui maintient tout de même nos yeux rivés sur l’écran avec un sourire béat. 

Finalement, La mélodie du malheur reste un film très agréable et drôle à regarder tant il s’en dégage une ironie accrocheuse nous embarquant dans cet univers fou. Le film, à la croisée entre une simple comédie et un thriller de zombie, montre aussi que la comédie musicale peut s’appliquer à tous les genres et devrait être encore plus exploitée à travers ceux-ci. 

La bande annonce :

Pauline Jannon

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La mélodie du malheur de Takashi Miike
3.5