Squid Game : des jeux d’enfants mortels

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Depuis sa sortie le 17 septembre sur , Squid Game, le nouveau drama sud-coréen écrit et réalisé par Hwang Dong Huyk, et  produit par la plateforme, ne cesse de battre des records. Il est désormais numéro 1 dans les 83 pays où Netflix est disponible. Retour sur un phénomène inédit…

Synopsis : Seong Gi Hun est un homme d’âge mûr, au chômage, qui passe son temps à parier sur des courses hippiques. Très endetté, il vit au jour le jour avec sa mère. Il se retrouve embarquer bon gré, mal gré dans une série de jeux mortels où la récompense s’élève à 456 millions de wons ce qui lui permettrait de repartir à zéro. Mais le jeu en vaut-il la chandelle ?

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Si on peut lui trouver des airs de Battle RoyaleAlice in Bordeland et Liar Game, le drama sud-coréen Squid Game possède néanmoins sa propre identité. Les références sont multiples mais la production tire son épingle du jeu par son caractère tout coréen. Au-delà de la simple arène de jeux se dessine une critique acerbe de la société coréenne, mais également du capitalisme en général. Bien qu’exerçant leur libre-arbitre on ne peut pas s’empêcher de penser que ces joueurs sont contraints de participer à ces jeux de la mort pour espérer décrocher le gros lot. L’absurdité et l’horreur de la situation sont soulignées par les jeux qui sont soit des jeux d’enfants populaires en Corée des années 1980, soit des jeux universels comme « un, deux, trois, soleil ». Là où il n’y a pas normalement d’enjeux, ici, la moindre erreur peut être fatale.

Le réalisateur Hwang Dong Hyuk offre un drama d’un très haut niveau et l’inscrit directement parmi les meilleurs dramas de survie, notamment grâce à un scénario, certes classique, mais efficace. Le casting y est également pour beaucoup. Les acteurs portent le drama de bout en bout. Et, à la différence d’autres  productions de survival game, l’instauration d’une double-narration où le spectateur découvre une partie des coulisses permet d’être tenu en haleine tout au long des épisodes. Autant dans les jeux qu’en suivant le protagoniste infiltré, l’immersion est totale et la tension est toujours à son comble. La fin douce amère reste fidèle à l’esprit du drama.

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Malgré donc un scénario sans réelle surprise, Squid Game s’affirme comme un des meilleurs dramas en son genre. D’une part grâce à son casting impressionnant où se mêlent:  des vétérans du paysage audiovisuel coréen comme Lee Jung Jae et Park Hae Soo, des stars montantes du petit écran comme Wi Ha Jun, et de nouvelles têtes très talentueuses comme Ho Yeon Jung.

Même si l’intrigue est centrée sur Seong Gi Hun, interprété par Lee Jung Jae, le florilège de personnages qui l’entourent, jusqu’au plus secondaire, fait la véritable force du drama. Tous endettés, mais venant d’horizons différents – on trouve par exemple un immigré pakistanais, un vieil homme, une réfugiée nord-coréenne -, des liens profonds se tissent entre eux. Confrontés aux facettes les plus sombres de l’âme humaine, ces marginaux rejetés par la société mais à qui cette « chance » de s’en sortir semble offerte éprouvent néanmoins leur morale et leurs principes.

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D’autre part, le drama ne serait rien sans sa réalisation qui est simplement exceptionnelle. Hwang Dong Hyuk a travaillé seul pour un résultat d’un très très haut niveau. La caméra est constamment placée à l’endroit qu’il faut pour nous faire sentir toute la tension qui se joue dans la scène. Les plans, très colorés, renforcent le balancement entre le cadre enfantin et l’horreur. Les changements de séquences tiennent toujours le spectateur en haleine. Il y a très peu de temps morts, juste assez pour nous laisser un peu respirer. Certains éléments dénotent de l’ensemble comme d’entendre Fly to the Moon de Frank Sinatra au milieu d’un massacre, mais cela ne fait que renforcer l’absurdité de la situation. On vit vraiment au rythme des personnages, pris dans ce tourbillon malsain, où des corps troués de balles gisent au milieu d’une aire de jeux. Hwang Dong Hyuk réussit avec Squid Game un très beau tour de force, alors même qu’il s’agit de son premier drama. À noter qu’il s’agit dans une très grand majorité de décors réels ! Chae Kyung-sun, la directrice artistique, mériterait peut-être une récompense…

En résumé, Squid Game ne révolutionne pas le genre mais possède tous les éléments pour en faire un très bon drama. Certains éléments laissent penser qu’ils pourraient y avoir une saison 2. Mais prequel ou sequel ?  Telle est la question…