7 jours ou le récit émouvant d’une rébellion adolescente

Au cinéma le 6 octobre 2021

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Premier distributeur de longs-métrages d’animation japonais en France, Eurozoom frappe fort une nouvelle fois et nous offre 7 jours, un film de Yûta Murano, drôle, émouvant sur fond de critique acerbe du monde des adultes. Sorti en 2019 au Japon, le film trouve enfin le chemin des salles françaises pour notre plus grand plaisir. À découvrir à partir du 6 octobre !

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Synopsis :
Mamoru Suzuhara est un lycéen passionné d’histoire et toujours prêt à aider les autres mais il peine à se faire des amis. Son monde s’écroule lorsqu’il apprend que Aya Chiyono, sa camarade de classe et voisine dont il est secrètement amoureux depuis l’enfance, va bientôt déménager. Cette dernière entend s’opposer à cette décision, elle veut au moins rester jusqu’à son anniversaire. Les deux lycéens échafaudent un plan et fuguent avec d’autres de leurs amis dans une usine désaffectée. Une fois sur place, ils se rendent vite compte qu’ils ne sont pas les seuls à arpenter les lieux. Un jeune enfant thaïlandais qui a été séparé de ses parents s’est réfugié là pour échapper aux services de l’immigration. Mamoru et ses amis décident de le protéger et s’engagent alors une guerre de sept jours.

7 jours est d’abord l’histoire d’une rébellion. Des enfants s’unissent et redoublent d’ingéniosité pour combattre les adultes et leur monde plein de mensonges, de compromis et de règles coercitives. Les personnages sont plutôt attachants, même si on regrette un peu que le nombre de protagonistes et la longueur du film – 90 minutes – empêchent un véritable approfondissement de la psychologie et de ce qui se joue pour chacun, autant adolescent qu’adulte. Une scène particulièrement touchante comble l’attente du spectateur et constitue en cela le véritable point nodal du long-métrage. Là où les adultes ne parviendront jamais à s’entendre, enfermés dans une rigidité sociale toute japonaise, les enfants trouvent le courage qui leur manque pour se parler avec franchise et régler leurs différends au moment crucial. Leur escapade, devenue guerre de sept jours, aboutit à forger des liens indéfectibles entre eux. Ils grandissent chacun à leur manière, faisant un pas de plus vers le monde des adultes, dans lequel ils entreront en gardant leur intégrité et leurs valeurs.

L’animation n’a rien d’extraordinaire esthétiquement mais est agréable. Les traits sont assez fluides, les personnages expressifs et les paysages plutôt beaux. La musique est un des points forts du long-métrage. Elle vient souvent souligner avec justesse les moments les plus émouvants. 7 jours n’est pas exempt de défauts. Néanmoins ces derniers sont vite effacés par la pureté des sentiments décrits et les thématiques abordées.

Adaptation remise au goût du jour du roman de Osamu Sôda qui avait eu un succès retentissant au moment de sa sortie au Japon, 7 jours ne résiste pas à connecter avec la première adaptation, un film en prises de vues réelles datant de 1988, grâce au personnage de Hitomi Nakayama à qui Rié Miyazawa prête sa voix 30 ans après avoir joué son premier rôle au cinéma. C’est la magie du film d’animation !

En résumé, 7 jours est un bon film d’animation dynamique qui ne révolutionne certes pas le genre, mais qui a le mérite d’aborder des sujets difficiles qui gangrènent la société japonaise comme la question de l’immigration, du harcèlement scolaire et de la corruption politique. À hauteur d’adolescents, les injustices, les conflits et les mensonges se règlent après des explications et des excuses. Ce sont avant tout les émotions véhiculées et l’engagement sans faille de ces adolescents qui font le charme de ce sympathique long-métrage.