Critique : Cemetery of Splendour d’Apichatpong Weerasethakul

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Réalisateur
Apichatpong Weerasethakul
Année
2015
Pays
Thaïlande
Durée
2h02
Notre score
4

Après le grand succès de Oncle Boonmee (primé à Cannes en 2010), Apichatpong Weerasethakul revient dans ce même festival en 2015 avec Cemetery of Splendour.

Le film raconte l’histoire de soldats thaïlandais atteint d’une mystérieuse maladie qui les plonge dans un sommeil profond entrecoupés de quelques heures de réveil par ci par là.

Ils sont hospitalisés dans une ancienne école transformée pour les accueillir, et Ken, une médium, tente de communiquer avec eux tandis que Jen, une ancienne élève de l’école se prend d’affection pour l’un des patients.

A travers ce récit, Weerasethakul nous emmène dans une véritable traversée spirituelle, puisque nous découvrons au cours du film que l’école avait été bâtie sur un ancien cimetière de soldats.

L’ambiance régnant au sein du film est assez indescriptible et incomparable. On semble plonger dans un songe, grâce à la lenteur du récit (nécessaire pour nous délivrer la bonne dose d’émotions), et la mise en scène prenant tout autant son temps. 

La caméra est posée fixement pour de longs plans auprès des malades, ou dans la nature étouffante, donnant un sentiment presque oppressant sur le spectateur. 

Oppressante car on a le sentiment d’assister à quelque chose qui nous dépasse totalement, on se sent investis dans l’histoire mais aussi totalement impuissant, la dimension mystique prenant juste assez de place pour nous déstabiliser tout en ne nous étant pas imposée comme une vérité.

Tout cela est possible grâce à la superbe mise en scène, qui mêle couleurs vives de néon et douceur de la nature, silence et sonorités semblant venir de l’au delà, scènes de constructions plus modernes et croyances ancestrales… Les fondus sont délicieusement exécutés, la photographie plus que soignée, et certaines scènes (comme celle de danse) nous emportent totalement. Le tout nous donnant donc du relief au film en proposant sans arrêts deux degrés lecture.

Il s’agit finalement d’une vraie expérience sensorielle, que les moins adeptes trouveront peut-être ennuyante mais qui vaut la peine d’être tentée.

Le film a également une dimension très personnelle pour le réalisateur, puisqu’il l’a tourné dans la province où il a grandit, est allé à l’école, et où se trouvait l’hôpital où travaillaient ses parents. On sent donc bien que Weerasethakul connaît les lieux, et qu’il cherche à nous en délivrer les secrets.

Pour conclure je dirais que Cemetery of Splendour est un film hypnotisant, voire peut être hypnotique. Mais toutes les dimensions qu’il explore le rend plus fascinant qu’ennuyant, et nous fait voyager tout droit en Thaïlande dans cet univers sauvage et inconnu. S’en dégage une certaine sérénité qui fait sortir le spectateur apaisé de son visionnage.

Critique : Cemetery of Splendour d’Apichatpong Weerasethakul
4