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Critique : The Host de Bong Joon-Ho

Depuis les eaux troubles de la rivière Han, un terrible monstre mangeur d’humains émerge d’une catastrophe biologique causée par l’armée américaine. Quand la bête sans pitié s’empare furieusement de Hyun-seo, petite cadette des Park, ces derniers se lance sans relâche à sa recherche dans une épopée familiale.

The Host, sorti en salles en 2006, est un film de monstre qui délaisse le protocole du suspense en révélant sa bête dès les premières scènes. Un choix qui procure au film un rythme effréné et efficace. Sur les berges de la rivière Han, une masse de gens médusée s’agglutine pour observer le colosse des eaux qui rappliquera en un instant sur la terre ferme pour sélectionner ses casse-croûtes humains. Les effets spéciaux sont convaincants, prodiguant au monstre toute sa crédibilité.

La famille Park, modestes propriétaires d’un petit snack, se retrouve dévastée quand le titan aquatique décide de jeter son dévolu sur la très jeune Nam-joo, fille de Kang-du, aîné simplet et sympathique. Le drame les pousse alors dans une épopée familiale héroïque qui révélera en chacun des qualités de bravoures inattendues et les déracinera de leur cocon jusqu’ici invisible aux yeux de la société. La quête furieuse et endiablée pour la survie d’un membre familial est un thème propre au réalisateur Joon-Ho Bong qui, dans son drame Mother sorti en 2010, raconte le combat d’une mère pour prouver l’innocence de son fils dans une sordide affaire de meurtre.

Joon-Ho Bong reprend les acteurs fétiches de sa filmographie, offrant sans risques un casting de qualité. Song Kang-ho (Memories of Murder, Snowpiercer), éloquent et prodigieux, fait un sans-fautes dans le rôle principale du fils ainé, père fictif de l’actrice Ko Ah-seong. Un duo que l’on retrouvera plus tard dans des rôles semblables dans le film dystopique Snowpiercer (2013). Parmi les autres membres de la fratrie, l’excellente star internationale Bae Doona (Sense8, Cloud Atlas, Tunnel) et Park Hae-il (Memories of Murder). Le père est quant à lui incarné par Hee-Bong Byun qu’on retrouve, lui aussi, dans Memories of Murder, puis plus récemment dans Okja, une autre oeuvre du cinéaste portant sur des créatures créées et modifiées par la main de l’homme.

The Host a la singularité d’incorporer en son histoire plusieurs genres: l’action, l’aventure, la science-fiction, le drame et la comédie. Joon-Ho Bong a déjà prouvé son brillant talent pour l’entremêlement des genres dans Memories of Murder (2003). Les moments les plus tragiques peuvent parfois être parsemés de situations comiques. Quand la famille entière s’effondre et s’étale complètement sur le sol, pleurant la perte de leur cadette, la scène grotesque prête au rire.

Et de manière plus profonde encore, Joon-Ho transmet à travers cette aventure des messages écologiques et politiques. L’origine de la créature est dévoilée dès la scène d’ouverture quand un scientifique américain incite à déverser dans les eaux de la rivière Han des restes de produits toxiques et polluants de la guerre de Corée. Le gouvernement coréen participera à l’envergure de l’horreur en prônant la terreur sur la population et en leur faisant craindre les risques mortels d’un virus contagieux produit par la bête.

Il semble finalement que l’on reconnait l’oeuvre par son auteur, et que celles de Joon-Ho ne sont qu’une succession de parfaites réussites. The Host est un récit trépidant et passionnant de deux heures puisant sa réussite dans chaque parcelle du long-métrage, du casting, à la mise en scène, jusqu’au récit lui-même.

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