Critique : Okko et les fantômes : Dans cette auberge, on ne rejette personne !

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Du fait de son statut d’ancien animateur chez Ghibli, le premier long-métrage de Kitarou Kousaka peut se voir comparé aux oeuvres du studio Ghibli. On peut même entendre ou lire que Miyazaki et Takahata en sont la source d’inspiration. Mais n’est-ce pas là un raccourci trop rapide ?

Il n’y a rien à redire sur le fait que Okko et les fantômes a sa place dans la lignée des Ghibli mais ce film a sa propre patte et n’est pas une copie de Miyazaki. Contrairement à Mary et la fleur de la sorcière de Hiromasa Yonebayashi qui en a trop fait et où l’on pouvait avoir un sentiment de déception que le réalisateur n’est pas donné la sensation de s’être affirmé, Okko et les fantômes a son identité.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vous propose d’un apprendre un peu plus sur le réalisateur. Kitarou Kousaka a réalisé principalement un moyen métrage (Nasu, un été andalou) en 2003 chez le studio Madhouse. En dehors de cela, il est connu pour son travail en tant qu’animateur chez Ghibli où il a grimpé les échelons pas à pas dans ce même secteur. La première fois que Kousaka se voit responsable de l’animation, c’est sur le film Si tu tends l’oreille de Yoshifumi Konda. Depuis cet œuvre sorti en 1995, l’animateur a toujours eu un rôle considérable dans son secteur pour les films du studio Ghibli. Le dernier long-métrage sur lequel il travaille dans ce célèbre studio est Le vent se Lève de Hayao Miyzaki en tant que directeur de l’animation.

Après ce chemin parcouru, Kitarou Kousaka prend son indépendance et se lance dans une nouvelle aventure, Okko et les fantômes en est le fruit. Le film sort au sein du studio Madhouse et a été sélectionné dans la catégorie « Long-métrage en compétition » au festival d’Annecy 2018. Regardons de plus près de quoi il en retourne.

Okko, de son vrai nom Seki Oriko, est une petite fille pleine de vie qui perd ses parents suite à un accident brutal. À la suite de cet événement tragique, elle se retrouve à vivre dans l’auberge tenue par sa grand-mère. Au moment des retrouvailles avec cette dernière, le fantôme d’un enfant lui fait dire qu’elle va reprendre les rênes de l’établissement. Okko devient alors une apprentie aubergiste qui, accompagnée d’esprits et d’une créature magique, va faire de son mieux pour être à la hauteur de la tâche qu’elle a dit vouloir accomplir.

Kousaka nous plonge dans le monde d’Okko, cette enfant enthousiaste et souriante. Il nous fait grandir à ses côtés, nous montre le dépassement de soi et le déni dans lequel l’on peut s’enfermer parfois, quand le poids de la réalité est trop lourd à porter.

Tout le long du film, on suit les aventures de la fillette, son évolution, son chemin vers une plus grande maturité et la manière dont les fantômes sont utilisés comme curseur de son état moral, de là où elle en est.

Le rythme du film, entre quotidien et chocs plus ou moins légers, donne le ton à ce film plein d’empathie et d’amour qui semble essayer d’apporter quelque chose de rassurant pour affronter la mort.

En parallèle de la vision d’Okko, le réalisateur nous invite dans cette auberge où l’on panse les coeurs et guérit l’âme. Cette auberge particulière où tout le monde est le bienvenu et où personne n’est rejeté. Dans son travail d’apprentie aubergiste, Okko va être amenée à rencontrer plusieurs personnes blessées par la vie, ces rencontres la feront elle-même avancer et trouver sa place dans l’établissement qu’elle va reprendre.

Cette douce morale de tolérance et d’acceptation, de respect d’autrui et ce message touchant sur la perte d’être cher nous transporte inéluctablement sur un sourire plein de chaleur pour cette petite fille qui fait de son mieux pour continuer de vivre heureuse.

Les graphismes colorés et l’animation fluide et simple semblent appuyer ce monde qui veut vivre dans la joie. En revanche, les effets en 3D peuvent être quelque peu perturbants par moments.

L’ambiance musicale, quant à elle, est appréciable mais ne reste pas en tête, ce n’est pas le point fort du film mais un bon accompagnement dans l’univers dans lequel on est invité.

Un dernier point, peut-être plus subtil, est l’amusement que l’on a a comprendre que l’histoire se passe de nos jours et non dans un passé quelconque. Malgré les nombreux éléments ancestraux, l’histoire se déroule bel et bien dans le présent, appuyant ce mélange de tradition et de modernité que l’on connaît du Japon. C’est comme si une habitude de l’ancien temps s’en allait tranquillement au fil du visionnage.

Si vous en avez l’occasion, je ne peux que vous conseiller d’aller le voir ! Rien que pour ses messages touchants et sa morale si importante de nos jours, ce film vaut le détour.

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