Critique manga : Apeiron (Vol.1) de Shinya Kusaka et Takuji Katô

Critique manga : Apeiron (Vol.1) de Shinya Kusaka et Takuji Katôapeiron chez doki doki en novembre prochain 8148Critique manga : Apeiron (Vol.1) de Shinya Kusaka et Takuji Katô
5

Paru le 2 novembre dernier, Apeiron est une dystopie alternant science, action, et amitié dans un cadre futuriste et inquiétant. Un virus qui rend amnésique, une course-poursuite contre le mal et une recherche de la vérité sont le nouveau quotidien de quatre jeunes adolescents injustement trompés par ceux qui devaient les protéger.

Atteints d’un virus d’amnésie qui pèse sur le monde entier, quatre adolescent soignés dans un hôpital très particulier reçoivent leur première permission de sortie d’une journée. Mais à peine voit-ils la lumière du jour qu’ils sont enlevés par un mystérieux inconnu qui les relâche aussitôt dans la nature, et sans explications. Livrés à eux même, ils partent alors à la recherche de leur passé. Les quatre jeunes enchaînent les découvertes et les déceptions qui leur feront peu à peu douter de leur mémoire et du traitement reçu à l’hôpital. Immersif, trépidant, Apeiron réussit à nous emmener là où on ne s’y attend pas grâce à sa qualité scénaristique et à des personnages charismatiques.

Les dystopies ont du succès, elles se font nombreuses cette année, et Apeiron s’inscrit dans le registre de celles qui sont réalisées avec succès. Un virus d’amnésie, c’est bien pensé, et dès lors que l’on apprend son origine, l’oeuvre prend une tournure réaliste qui interroge sur notre propre société dans un monde où les technologies peuvent prendre une place inquiétante. Robots menaçants, technologies destructrices et contrôle des données personnelles se mêlent et se conjuguent dans un récit de qualité. Là où Kusaka Shinya, le scénariste, est fort, c’est qu’il sait enchainer les rebondissements d’une main de maître. Le fil des péripéties est mené dans un rythme jamais relâché. Les pages défilent, l’action réside, et c’est d’une traite que nous terminons ce premier volume. Aussi, les dessins sont très appréciables, et Katô Shinji en est à l’origine.

Les personnages sont charismatiques, oui, car chacun apporte sa force et son utilité, du côté des gentils, comme des méchants. On adore le personnage du jeune scientifique complètement loufoque et corrompu comme celui du jeune héros téméraire et rempli de volonté. Petit bonus sympathique, la peluche robotisée qui parle qui servira de guide à nos jeunes adolescents en détresse. On adore.
Mais forcément, amnésie oblige, on en sait pas encore beaucoup sur nos protagonistes, ni sur leur vie passée dans leur famille, ni sur celle passée dans l’hôpital. Nous les découvrons au fil de leurs choix, et de leurs actes. Nous apprenons à les connaitre, et conséquemment, nous voulons en savoir plus.
On se passera peut-être des quelques scènes de corps dénudés qui occupent inutilement certaines pages du manga. Mais c’est un détail que l’on peut facilement pardonner, car vraiment, l’histoire est bien menée.

Petite déception malgré tout, la série n’occupe que deux tomes, et nous en sommes fortement désolés. Ce que l’on espère, c’est que nos attentes seront entièrement comblées à la lecture de l’ultime tome. Mais quand même, une telle intrigue et autant de protagonistes auraient bien mérité quelques volumes de plus, en l’honneur de leur complexité et de leur profondeur qu’on s’empresse de vouloir découvrir en profondeur et comprendre. Sombre, éloquant, passionnant, Apeiron ne peut être qu’apprécié par la majorité. Le deuxième tome est disponible en librairie depuis le 29 novembre.

5