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Critique : Creepy de Kiyoshi Kurosawa

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3.5

Sorti le mois dernier en France le nouveau film de Kiyoshi Kurosawa, Creepy, nous offre un thriller policier qui met en avant les drames sociaux du Japon actuel. Avec cette philosophie du vivons heureux vivons cachés, Kurosawa prend l’excuse d’une enquête policière pour mettre en avant les maux de la société japonaise. Repli sur soi- même, perte du lien social (notion du ‘bon voisinage’), poids d’un conservatisme patriarcal qui voit en la femme, simplement dans un rôle de femme au foyer où son indépendance d’action n’est seulement guidé par les décisions du mari, le pouvoir suprême au sein du ménage. Creepy développe l’idée que l’apparition de serial killers ou plus exactement de psychopathes antisocial décrits dans le film, ne sont en fait que les fruits bien trop mûrs de tous ces maux. La société japonaise va mal mais elle souffre en silence…

L’histoire est celle de Takakura (Hidetoshi Nishijima) un ancien détective. Un jour, Il revoit un ex-collègue Nogami (Masahiro Higashide) qui lui demande de l’aider sur une enquête vieille de 6 ans,  un triple meurtre au sein d’une même famille. Takakura plutôt hésitant au début va finalement accepter cette mission pour ainsi retrouver l’unique survivante de la famille, Saki (Varuna Kawaguchi).

Au même moment, Takakura et son épouse Yasuko (Yuko Takeuchi) se sont récemment installés dans une nouvelle maison. Leur voisin, Nishino (Teruyuki Kagawa), s’occupe de sa femme malade et de sa fille Mio. Cependant, un jour, la jeune fille, débarque chez les Takakura et raconte que l’homme n’est pas son père et qu’elle ne le connaît pas du tout…

Basé sur le roman ‘Creepy’ de Yutaka Maekawa, le maître du genre, Kiyoshi Kurosawa nous offre une histoire haletante et véritablement dérangeante. Pendant les 2 heures du film, on se demande si une once de moralité va apparaître. Voulu comme un appel du pieds à réveiller les consciences trop souvent endormies au pays du soleil levant, Creepy est un film lent, comme si son réalisateur souhaitait montrer la lente agonie psychologique d’un esprit malade interprété par l’excellent Teruyuki Kagawa qui nous offre une performance original d’un homme dépourvue d’empathie pour ses semblables. Il est lui aussi la victime de ce Japon si codifié et si individualiste, toujours prompte à juger sans jamais se remettre en cause. Avec Creepy, Kurosawa dénonce ce cancer social que personne n’ose voir mais qui pourrait atteindre n’importe qui, voire notre plus proche voisin.

 

La bande annonce est à voir ici

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