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4.0

Après avoir établi un nouveau record au box office en Corée du Sud et fait le tour des festivals de cinéma coréen en Europe, The Thieves mérite bien une critique. Ceux que beaucoup qualifient d’équivalent coréen du blockbuster hollywoodien « Ocean’s Eleven » n’a au final que peu de points communs avec son lointain parent.

Tout d’abord, il est important de mentionner que le film est entièrement financé par des sociétés coréennes (CJ, Showbox, KM Culture), même la « Michigan Venture Capital » qui n’a rien à voir avec l’Etat américain, mais est bien un fond d’investissements privé coréen. De deux, le film est écrit et réalisé par Choi Dong-hun, qui a pour moto de faire des films destinés à une audience coréenne, avec l’humour et les références culturelles qui y sont liés. Le réalisateur Choi n’est d’ailleurs pas un débutant avec les « films de gangster/casse » puisque ses deux précédentes réalisations du genre « The Big Swindle » et « Tazza : The High Rollers » ont été très acclamés en Corée du Sud.

Ceci pour dire que si le film a quelques ressemblances avec Ocean’s Eleven – qui se résument en fait au thème du film (un casse au sein d’un casino majeur qui nécessite la constitution d’une équipe de spécialistes) et à un casting de stars -, les différences sont bien présentes.

Ce sont d’ailleurs ces différences qui donnent au film son dynamisme et intérêt.

Le premier point à noter est l’excellent jeu d’acteur de Simon Yam et de Yun-seok Kim (les deux vétérans). Ji-hyun Jun réussit à donner une performance crédible et plutôt bonne qui répond bien à celle de Hye Su Kim. Le rôle de « bad girl » lui va bien et cette image semble lui coller à la peau depuis « My Sassy Girl » (2000). Néanmoins le film lui permet de revenir sur la scène internationale, sa carrière ayant été plutôt discrète hors de Corée depuis une dizaine d’années. Soo Hyun Kim, devenu superstar en 2012 grâce à sa performance dans le drama « Moon Embracing the Sun », fait une apparition plutôt discrète et moyenne, qui est surtout marquée par son baiser avec Ji-hyun Jun – ce qui a surement beaucoup plû et/ou choqué (rayer la mention inutile) le public.

D’un point de vue scénaristique, le film est bien rythmé, l’humour plutôt naturel et drôle, et les décors semblent assez authentiques. La force de l’action vient des tensions « va-et-vient » au sein des équipes de cambrioleurs chinoises et coréennes, mais aussi entre les deux équipes, qui cherchent tous plus ou moins à tirer leur épingle du jeu. La trahison prétendue de Macau (Yun-seok Kim) lors d’un précédent casse a généré des problèmes de confiance et a déchiré le cœur de Pepsi (Hye-su Kim), les mensonges d’Andrew (Dal-su Oh) pour profiter de l’occasion pour la prendre sous son ail, l’individualisme forcené et la vénalité de Yenicall (Ji-hyun Jun), le couple improvisé et improbable de Chen (Simon Yam) et Chewingum (Hae-suk Kim) ne sont que quelques exemples d’actions parallèles qui donnent au film son dynamisme qui nous maintiennent assis dans nos sièges pendant les 2h15 que dure le film.

Enfin, la dimension multiculturelle du film – entre la Corée, Macau et Hong-Kong – avec un équipe internationale, rend la collaboration entre des personnalités et cultures différentes d’autant plus intéressante.

Le seul bémol serait peut-être les dialogues qui paraissent parfois assez creux, bien que souvent au dessus des films hollywoodiens du genre de façon générale. Le baiser de Hye Soo Kim et Ji-hyun Jun parait lui aussi purement commercial et superflu.

Alors que « The Thieves » était déjà en salles aux Etats-Unis grâce à WellGo USA le 12 octobre 2012, une sortie en Europe et notamment en France n’a pas encore été annoncée.

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Note finale

Critique : The thieves de Choi Dong-hoon