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L’histoire : Murakawa, le bras droit du chef yakuza Kitakima, est appelé d’urgence afin de venir en aide au clan Nakamatsu en guerre contre Anan, un clan rival à Okinawa. Murakawa et ses hommes partent pour l’île du sud du Japon et se font bien accueillir par des hommes armés. Murakawa s’isole alors en bord de mer en attendant que ça se calme.

capture-decran-2016-09-22-a-21-08-56 Critique : Sonatine de Takeshi KitanoCapture d   e  cran 2016 09 22 a   21Critique : Sonatine de Takeshi Kitano

Sonatine est édité en Dvd dans la collection Asian classic chez studio canal (2001) en attendant d’avoir une edition Bluray un jour.

Sonatine (1993), quatrième film de Kitano, traite du thème cher de son auteur qui est l’univers des yakuzas, qu’il a traité dans beaucoup de ses films, précédemment dans Violent cop (1989), dans Jugatsu (1991), puis ensuite dans sa carrière avec Hanabi (1996), Aniki (2001), Outrage (2011) et Outrage Beyond (2013), jouant tour à tour les flics ou les yakuzas.

Kitano connaît visiblement bien le milieu des yakuzas, et il ne s’intéresse pas à entrer dans le film de genre « yakuza eiga », avec des vues commerciales. Il s’intéresse aux hommes derrière la mythologie ou derrière l’image que leur a donnée le cinéma. Avec Kitano, pas de gunfight chorégraphié, pas de destruction massive, mais de la violence froide et crue, parfois réaliste parfois expressionniste, en effet lors d’une fusillage, les yakuzas chez Kitano ne bougent pas, restent droit comme des piquets, donnant quelque chose de faux, et de beau. A chaque fois qu’il traite le sujet, il trouve un point de vue nouveau, ou un axe original. Sonatine fait partie de ceux là, on pourrait résumer Sonatine par : les yakuzas ont droit à être des hommes comme les autres…

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Pourtant au début du film, quand Murakawa (Kitano) fait tuer un homme quasi « sans faire exprès » en le noyant et en oubliant de le faire remonter à la surface, on se dit que le monde des yakuzas est terrifiant, si la vie d’un homme n’a absolument aucune valeur.

Puis en changeant de décor, en partant à Okinawa, le film va changer de tonalité, après une fusillade surréaliste dans un bar, Murakawa et ses hommes se retranchent en bord de mer en attendant que ça passe. Et l’attente, l’ennui qu’elle génère, va montrer des yakuzas jouer comme des enfants pour passer le temps, avec l’espièglerie de Murakawa qui demandent à ses hommes de reproduire des combats de sumo sur la plage, etc. Des scènes que l’on retrouvera bien plus tard en écho dans L’été de Kikujiro.

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A partir de ce moment, Sonatine bascule complètement dans le film contemplatif, poétique, montrant des hommes avoir des plaisirs simples, profiter de la vie. Puis un soir, Murakawa sauve une fille d’un viol, sans le vouloir. Murakawa va vivre une relation adolescente, naïve, avec cette fille qui elle veut tester et s’amuser avec ses armes comme une enfant avec des jouets. Murakawa s’amuse, vit une relation, une autre vie semble possible à ce moment…

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L’interprétation de Kitano, toujours impassible, parsème le doute, lors d’un jeu de roulette russe, on frissonne, se disant qu’il ne tient pas à la vie. Quand la trame principale du film reprend le dessus, c’est à dire les règlements de compte entre clans, on est surpris à être triste de quitter cette pause « enchantée » de criminels qui s’amusent et vivent comme tout le monde. Mais la réalité de l’histoire est là, les yakuzas sont en pleine guerre et il faut aller à l’affrontement, défier la mort.

Sur la fin, sans la dévoiler, on soulignera le génie de l’affrontement final, qui a toujours divisé, entre les spectateurs frustrés et les spectateurs étonnés par cette audace, on fait partie de la 2e catégorie. La fin est âpre, dure, mais romantique à la japonaise.

Sonatine est tout sauf un film d’action commercial, il s’intègre parfaitement dans l’œuvre de Kitano, qu’il a façonné film après film, rendant le monde des Yakuzas à la fois plus terrifiant car plus réaliste et paradoxalement plus humain… Dernier mot sur la musique de Joe Hisaishi, minimaliste, et magnifique, quel dommage que les deux hommes ne travaillent plus ensemble.

En bref, Sonatine est un poème à la vie mené par des hommes qui tuent, c’est étonnant, désarçonnant, mais qu’est ce que c’est beau. Un grand Kitano.

 

 

Critique : Sonatine de Takeshi Kitano115204 01 Critique : Sonatine de Takeshi Kitano
Sonatine de Takeshi Kitano
Synopsis :
Murakawa, le bras droit du chef yakuza Kitakima, est appelé d'urgence afin de venir en aide au clan Nakamatsu en guerre contre Anan, un clan rival à Okinawa. Murakawa et ses hommes partent pour l’île du sud du Japon et se font bien accueillir par des hommes armés. Murakawa s’isole alors en bord de mer en attendant que ça se calme.
Note des lecteurs3 Notes4.6
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