Critique : Albator le corsaire de l’espace de Shinji Aramaki
5.0Note Finale
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Albator le corsaire de l’espace, arrive à l’abordage des salles françaises. Il sort ce mercredi 25 décembre en 3D et 2D, en Vost et Vf.

L’histoire : 2977. Albator, capitaine du vaisseau Arcadia, est un corsaire de l’espace. Il est condamné à mort, mais reste insaisissable. Le jeune Yama, envoyé pour l’assassiner, s’infiltre dans l’Arcadia, alors qu’Albator décide d’entrer en guerre contre la coalition Gaia afin de défendre sa planète d’origine, la Terre.

Trente ans après la série télé originale qui aura bercé plusieurs générations, le célèbre personnage créé par Leiji Matsumoto revient dans une version complètement réinventée avec une seule ambition : marquer l’histoire du cinéma d’animation japonais (et mondial) comme l’ont fait en leur temps Akira et Ghost in the Shell. Le pari est il réussi ?

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Tout d’abord l’histoire, la force d’Albator réside dans le fait qu’il incarne un véritable antihéros sombre et torturé, magnifié par le mystère et le secret qu’il garde au fond de lui. Albator n’est pas une simple figure de sauveur de l’univers, il est bien plus complexe que cela, et le scénario nous réservera quelques surprises. Nous retrouvons aussi des personnages connus, tel Mimay, Yattaran, ou encore Yama, mais le scénario développé ici n’a plus rien à voir avec l’histoire des méchantes Sylvidres (les mazones en japonais) de la série télé, c’est une toute nouvelle cosmogonie qui est inventée pour ce film avec comme objectif la reconquête de la Terre.
Le script rédigé par Harutoshi Fukui et Kiyoto Takeuchi est dense, riche, nous faisant voyager aux confins de l’univers pour un retour sur la planète nourricière, Albator le corsaire de l’espace est sûrement ce qui s’est fait de mieux dans le genre du ‘space opéra’ au cinéma depuis des années lumières, dépassant les dernières propositions de Star Trek, Star wars, etc.

La nouvelle direction artistique apportée à l’univers d’Albator, crée ici une identité visuelle unique que l’on se rappellera pendant longtemps. Bien entendu le travail effectué sur le design des vaisseaux, et en particulier celui de l’Arcadia, le navire d’Albator, est stupéfiant.
On doit à Atsushi Takeuchi le mécha design (design des machines) qui a fait largement ses preuves sur Ghost in the shell ou encore Evangelion 3.0. L’Arcadia réinventé se présente à la fois dure, sombre, et agressif, l’Arcadia n’est pas un vaisseau comme les autres, avec sa tête de mort et ses yeux rouges sang, le cuirassé d’Albator ne fera pas dans la dentelle, en bataille, il ne tire pas sur les autres vaisseaux, il préfère les transpercer…

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Quant au design des personnages, réalisé par Yutaka Minowa (Animatrix, Memories, Metropolis), bien que développé sur des bases solides (les dessins de Leiji Matsumoto), les personnages sont modernisés, plus réalistes (Yattaran est devenu grosse brute) et endurcis. Le nouveau character design d’Albator rend le personnage encore plus mystérieux, avec une prestance que beaucoup d’acteurs de chair et d’os lui envieraient.

Le réalisateur Shinji Aramaki (Appleseed) maîtrise son sujet de bout en bout, étant aussi à l’aise dans les séquences intimistes que dans les scènes de batailles spatiales. Shinji Aramaki prend le parti inverse des productions hollywoodiennes de ce genre, en réalisant des plans longs qui laissent au spectateur le temps de lire l’image, ce qui est fort appréciable surtout si on voit le film dans sa version 3D.
Mais au delà des plans longs, c’est l’endroit où se place la caméra qui permet une immersion totale. Le réalisateur japonais sait composer ses plans pour impressionner le spectateur, le résultat étant toujours du meilleur effet. Bien entendu, les séquences de bataille sont superbement réalisées et marqueront à n’en pas douter le genre.

Concernant la 3D, comme dit précédemment, les plans assez longs permettent une très bonne lisibilité de la profondeur de champs. Aussi, Albator le corsaire de l’espace est sûrement un des rares films où la 3D fera office. Seul le manque de lumière (en portant les lunettes) gâche un peu le remarquable travail sur les couleurs.

Conclusion
Albator le corsaire de l’espace pourrait se résumer comme un défi du cinéma d’animation japonais face à l’ogre américain, en effet le film avec pourtant un budget de 30 M de dollars coûte seulement le tiers d’une production Pixar/Disney. Malgré ce ‘faible’ budget, Albator le corsaire de l’espace se révèle une réussite complète tant scénaristique que technique, qui va au delà des productions américaines. Albator le corsaire de l’espace a l’ambition de montrer que le Japon peut encore produire des œuvres novatrices qui comptent sur le plan international, le film d’Albator le démontre haut la main et permet de rêver, si le film rencontre le succès escompté, que le pays du soleil levant développera de plus en plus ce genre de productions. Pour cela, allez voir le film en salles et laissez vous embarquer pour un voyage intersidéral à bord de l’Arcadia !

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