Le festival du film coréen a présenté les travaux d’un jeune metteur en scène OH Tae-Heon, lauréat du prix Flyasiana l’année dernière pour son court-métrage « A flower does not wilt, but… »

Quatre courts-métrages disparates ont été projetés commençant par ses productions récentes et matures pour finir par un son 1er film très amateur. OH Tae-Heon, présent pour l’occasion, s’est prêté à une séance de questions/réponses.

Les deux courts métrages qui retiennent le plus l’attention sont A flower does not wilt, but… et Art lecture, qui ont tout deux le thème du cinéma, et surtout la façon de faire du cinéma ou bien la posture.

Art lecture croque avec acidité, un jeune professeur de cinéma, qui a étudié en France notamment avec « François Osez » sur son film « 13 femmes » et qui applique les méthodes apprises là-bas. Le professeur, en short et chemise ouverte, nommé Park Weber est une caricature de la prétention, de la posture d’appartenir à un cinéma intellectuel, particulièrement savoureuse. Park Weber donne tour à tour des leçons de structuration de triangle, de clap, et de régie, toutes plus ridicules les unes que les autres. Caméra portée, zigzaguant, panotant, se déplaçant, Oh Tae-Heon, use du dispositif reportage pris sur le vif, limite dogme, pour nous raconter son histoire d’apprentissage du « cinéma ». Art Lecture est une farce réjouissante, dynamique, à l’humour efficace, qui se moque au passage du pays de la nouvelle vague… mais comme dirait : qui aime bien châtie bien.

A flower does not wilt, but… lui aussi parle de cinéma, nous suivons un étudiant qui devient régisseur sur un tournage de camarades, et qui retrouve son ex petite amie comme assistante et copine du réalisateur… Le jeune homme devient jaloux en tout point du metteur en scène, et souhaite alors que le film capote. Ici le dispositif est différent dArt Lecture, OH Tae-Heon filme de façon bien plus classique, caméra sur pied, lumière travaillée, et jeu réaliste. Le film du film sonne juste en tout point, entre les jalousies, les abus du réalisateur, les drames des comédiennes qui abandonnent les tournages, les fêtes de fin de tournage arrosées… OH Tae-Heon tout en décrivant le film d’un film, nous raconte deux histoires d’amour, celle de son ex petite amie, et surtout celle qu’il a pour le cinéma en lui-même. Tour à tour drôle, cynique, juste, émouvant, A flower does not wilt, but… est un petit bijou.  Le jeune cinéaste réalise un court-métrage très prometteur qui donne envie de le suivre quand il passera au long.

Lors des questions/réponses, OH Tae-Heon a indiqué qu’il travaillait actuellement sur son premier long-métrage, à savoir une histoire d’étudiants qui vont passer leur bac, en espérant qu’il trouvera un distributeur au pays de « François Osez ».

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