Critique : On-Gaku : Notre rock ! de Kenji Iwaisawa

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© Hiroyuki Ohashi / Rock’n Roll Mountain / Tip Top
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Date de sortie
2020
Réalisateur
Kenji Iwaisawa
Distribution
Eurozoom
Notre score
3.5

Annoncé il y a huit ans, le film On-Gaku : Notre rock ! a mis du temps à sortir. Réalisé presque en solitaire par Kenji Iwaisawa selon un manga de Hiroyuki Ōhashi, le film est sorti il y a quelques mois au Japon. Toujours prévu pour cette année dans les salles Françaises, le film se dévoile à nous à l’occasion du Festival d’Annecy 2020 où il a obtenu le Prix de la meilleure musique originale dans la catégorie longs métrages.

Synopsis :
« Un jour d’été, un trio de lycéens marginaux qui n’ont jamais touché un instrument de musique de leur vie décident de créer un groupe de musique. » (Eurozoom)

Avec leur genre de « furyō », ces petits voyous souvent représentés dans les films et mangas qui prennent place dans les lycées japonais, la bande de jeunes terrorise leurs camarades et semble faire la loi. Errant sans but ni véritable aspiration, le leader du trio fait une soudaine découverte : la musique. Sans aucune connaissance ni la moindre notion en la matière, il emmène pourtant ses compères dans une aventure inattendue, celle de monter leur propre groupe de musique. Après avoir chacun choisi un instrument au hasard ils se mettent à jouer de la musique, ou au moins à produire un son à peine supportable, et la révélation a bien lieu : ils sont fait pour cela. S’ils ne savent pas jouer, ils prennent dès lors un plaisir monumental à s’accorder et, d’une certaine manière, trouver la paix.

Car il est bien là l’intérêt de la musique pour ces jeunes. La musique leur apporte un but à atteindre ensemble, celui de jouer lors d’un petit festival de quartier, en cherchant du mieux qu’ils le peuvent à transmettre les émotions qui explosent au rythme d’une batterie sur laquelle s’acharne l’un d’entre eux. Comme une belle aventure humaine, le film raconte cette sorte de coup de foudre qui s’empare du trio, en particulier son leader parfaitement stoïque, en se découvrant soudainement une passion pour un art pour lequel ils n’avaient jamais exprimé le moindre intérêt. Et lorsque l’excellente bande-originale s’en mêle, forcément, On-Gaku : Notre rock ! nous installe confortablement dans ce qui  s’avère être un film d’animation qui associe de la meilleure des manières la musique à l’image.

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© Hiroyuki Ohashi / Rock’n Roll Mountain / Tip Top

Pourtant le premier contact avec ces dessins très simplistes est désarçonnant, mais on réalisé au fil de l’aventure que les visages inexpressifs cachent une mise en scène qui a énormément de choses à dire. On pense par exemple aux décors qui fourmillent de détails ou Avec une belle personnalité et une énergie qui n’a d’égal que son final survolté, le film de Kenji Iwaisawa nous offre un comique de situation particulièrement bien senti pour un film qui emprunte beaucoup au genre du « coming of age » où le récit initiatique permet aux protagonistes de se dépasser et de grandir.

On peut regretter tout de même que son rythme peine à se trouver dans la première moitié et que la mise en scène du final ne soit à la hauteur du reste, mais On-Gaku : Notre rock ! reste une jolie surprise qui, s’il n’est pas aussi intéressant que les autres films japonais diffusés au Festival d’Annecy 2020, a le mérite de nous emporter grâce à cet improbable petit groupe de rock dont l’énergie et la passion ne peut que charmer. D’autant plus que les voix en jettent quand même beaucoup, avec un doublage japonais d’excellente facture qui font tout le sel des personnalités si particulières de ces lycéens venus d’une autre époque.

On-Gaku : Notre rock !
3.5