Critique : Lupin III The First de Takashi Yamazaki

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© Monkey Punch / 2019 LUPIN THE 3rd Film Partners
Dernière mise à jour:
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Date de sortie
07/10/2020
Production
2019
Réalisateur
Takashi Yamazaki
Distribution
Eurozoom
Notre score
4.5

Nommé Lupin III au Japon, Edgar de la cambriole ou Edgar le détective cambrioleur chez nous, la série de manga et d’anime imaginée par Monkey Punch dans les années 60 a eu une histoire difficile dans nos contrées. Pas toujours disponibles chez nous pour diverses raisons, ses déclinaisons sont pourtant nombreuses et ont une place toute particulière dans l’animation japonaise, à tel point que Hayao Miyazaki en a réalisé un film et quelques épisodes il y a de nombreuses années. Mais ne regardons pas en arrière : désormais cette incarnation d’Arsène Lupin se conjugue au présent, puisque à l’occasion du Festival d’Annecy où il est en compétition officielle, nous avons vu ce fameux Lupin III The First que tous les fans attendent fébrilement. Mieux, le dernier né des adaptations de l’œuvre de Monkey Punch sortira dans les salles françaises le 16 décembre prochain, grâce à Eurozoom qui nous a, à cette occasion, permis de voir le film pour vous en parler.

Synopsis :
« Le cultissime « gentleman cambrioleur » Lupin III revient dans une aventure effrénée, pour marquer son grand retour au pays de son illustre grand-père ! Il s’associe à la jeune Laëtitia pour faire main basse sur le journal de Bresson, un trésor que même Arsène Lupin n’a jamais réussi à dérober. Alors que Lupin III et ses compagnons se démènent pour dénouer les secrets du fameux journal, ils doivent faire face à une sombre cabale poursuivant d’horribles desseins. Entre pièges mortels, escapades aériennes et abracadabrantes évasions, Lupin et sa bande de casse-cou rivalisent d’esprit et d’audace dans ce long-métrage d’animation qui ravira autant les fans de cette série légendaire créée il y a 50 ans par Monkey Punch, que les nouveaux venus de 7 à 77 ans ! » (Eurozoom)

Lupin III, troisième de la lignée des gentlemen cambrioleurs nous dévoile ses intentions dès ses premiers instants. Un trésor qui a failli être volé par les nazis plusieurs années plus tôt est enfin exposé dans un musée parisien : l’occasion rêvée d’essayer de le dérober. Malheureusement les choses ne se passent pas comme prévu, et c’est ainsi que le réalisateur Takashi Yamazaki (à qui l’on doit tout récemment Dragon Quest : Your Story) nous emmène dans une aventure dont on ne voudra jamais voir la fin. Avec un véritable sens du rythme que l’on avait déjà pu observer dans son précédent film, le réalisateur nous prend par la main et nous invite dans un univers qu’il semble aimer plus que tout. Son Lupin est agile, charmeur, malin et même un peu trop sûr de lui. Une confiance en lui qui l’empêche de voir arriver l’évidence : il n’est pas le seul à vouloir mettre la main sur le journal de Bresson, ce trésor aussi bien convoité par la mystérieuse Laëtitia qu’une ancienne partenaire de Lupin, plongeant le héros dans une gigantesque bataille avec des forces obscures pour obtenir le graal.

La qualité de l’animation saute aux yeux rapidement, offrant des personnages plus vivants et expressifs qu’on ne s’y attendait, en conservent un côté « cartoon » très prononcé tout en s’intégrant de la meilleure des manières dans leur environnement. Les décors brillent de mille feux et c’est un véritable plaisir de voir Lupin III et ses partenaires, bien que trop souvent en retrait, virevolter au milieu des pièges tendus par leurs ennemis. On regrette en effet que les sympathiques compères de Lupin III soient souvent relégués à un rôle de figurant, n’apparaissant qu’à quelques moments clés de l’histoire pour lui sauver la mise. Mais cela n’empêche en rien le film de séduire, puisque au-delà de ses personnages la beauté du long métrage tient d’ailleurs essentiellement à sa maîtrise des couleurs et des lumières qui lui offrent une cohérence géniale, mettant en avant toute la finesse d’une animation qui n’a pas grand chose à envier aux mastodontes de l’animation.

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© Monkey Punch / 2019 LUPIN THE 3rd Film Partners

D’autant plus que le film profite d’une mise en scène qui fait la part belle à un humour très fidèle à la licence, avec un comique de situation qui n’hésite jamais trop à tourner en dérision son héros ou ce fameux détective qui lui court après sans jamais réussir à l’attraper. Le film navigue entre les genres avec une dextérité formidable où l’épique de circonstance répond à l’absurde des situations. Parfois pince-sans-rire, parfois franchement loufoque, le film ne perd toutefois pas de vue son aventure singulière qui emprunte inévitablement à la littérature de Maurice Leblanc, mais aussi au cinéma d’aventure ou d’action, à la Indiana Jones ou Mission Impossible. On est en effet pleinement dans une aventure d’envergure que ce type de film aime nous raconter, où le héros a la réponse à tout et où le grand méchant est toujours à deux doigts de réussir son coup. Si les ingrédients sont très classiques, l’exécution est d’une telle justesse que le long métrage nous accroche et nous passionne d’un bout à l’autre.

Lupin III The First est aussi séduisant que le gentleman cambrioleur qu’il raconte. Rythmé et doux comme un premier amour, le film est bourré d’idées et nous offre une aventure dense, maline et toujours pertinente, avec ce goût de l’Aventure majuscule, celle qui marque nos esprits et nous donne envie de rejoindre ses protagonistes. On pourrait bien être tatillon et lui reprocher un dernier acte moins charmeur que le reste du film, mais ce serait bien injuste de lui en tenir rigueur. Car le film de Takashi Yamazaki est non seulement une réussite technique, mais aussi un très bel hommage à la licence et son héros.

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Lupin III The First
4.5