Critique : A Boy and Sungreen de AHN Ju-young

Une définition de l'amitié

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Après une première journée riche en émotions, j’entame la seconde étape de mon périple au Festival du Film Coréen à Paris ! Je commence par un film discret qui m’a tapé dans l’œil dès la lecture de son synopsis, A Boy and Sungreen. Il s’agit du premier long métrage de la réalisatrice Ahn Ju-young et je n’ai très sincèrement pas été déçue.

Ce conte adolescent nous entraîne avec plaisir dans le quotidien de Bo-hee, un garçon sensible et réservé et de Nok-yang, une jeune fille énergique et exubérante, qui rêve de devenir réalisatrice. Les deux enfants de 14 ans sont inséparables. Ils ont tous deux perdu un de leur parents lorsqu’ils étaient en bas âge, alors quand Bo-hee découvre que son père est peut-être en vie, toute une aventure prend place pour le retrouver.

Doux, simple, drôle, cette comédie illustre de manière sublime une amitié très forte, presque fraternelle, entre les deux héros. Nok-yang a un peu de mal à suivre la grande sensibilité de Bo-hee mais l’accepte pleinement comme il est. Bo-hee aimerait avoir la force de caractère de son amie et semble lutter contre quelque chose, contre une tristesse non exprimée en dépit de toutes les larmes qu’il peut verser au détour d’un film ou de sentiments douloureux.

Cette fresque peinte tout en douceur donne envie de ne plus quitter le monde des deux enfants, si insouciants dans un monde pourtant si adulte. Chaque personnage à un rôle bien à lui, bien écrit et se montre attachant d’une manière ou d’une autre. Il y a beau avoir eu un petit moment de longueur, le film reprend son entrain rapidement et ça devient insignifiant dans l’impression finale que l’on en a.

La justesse de l’expression des émotions et de l’équilibre entre le sérieux et l’humour, le dés-enclenchement du sérieux presque tragique d’éléments de l’histoire par des rebonds amusants rendent la fable d’une rare agréabilité.

Toute cette douceur s’exprime également avec les choix de lumière, de cadre, de colorimétrie de la réalisatrice qui nous immerge véritablement dans un autre monde, leur monde.

Si bien que voir l’évolution des personnages grâce à leur environnement et leur entourage, en tout particulier celle de Bo-hee, devient des plus plaisants. À travers ce dernier, le film me donne l’impression d’une chrysalide qui se transforme en papillon, en un magnifique papillon.

La note savoureuse que m’a laissé ce long métrage n’est pas prête de s’en aller et ce serait un réel plaisir de le revoir, rien que pour repasser un bon moment en la compagnie de toute cette innocence.

Je ne puis que vous conseiller de le voir dans un moment de calme pour profiter pleinement de ce petit trésor découvert lors de ce festival.