Critique : Rampant de Kim Seong-hoon

Intrigues politiques et manipulations sur fond d'invasion zombie.

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Dernier mis à jour:
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Date de sortie
02/10/2019
Date de sortie (Corée)
25/10/2018
Réalisateur
Kim Seong-hoon
Distributeur
SND - M6 Vidéo
Notre score
2.9

Les zombies ont la côte en Corée du Sud. On se souvient tous du succès de dernier train pour busan, de The Odd Family mais aussi de la série Kingdom sur . Ce dernier opérait d’ailleurs un mélange des genres bien senti entre l’intrigue politique historique, à l’époque de Joseon (au 16è siècle), et l’apparition de morts vivants. Un mélange que reprend sans sourciller Rampant, un film réalisé par Kim Seong-hoon, sorti le 2 octobre 2019 en vidéo (Blu-ray, DVD et VOD).

Le prince Ganglim a passé dix ans de sa vie en captivité, retenu par le royaume des Qing. A son retour, il découvre une lutte de pouvoirs sur le trône suite à la mort de son frère, le prince héritier. Et les choses se compliquent davantage avec l’apparition d’une épidémie qui transforme les humains en bêtes assoiffées de sang à la tombée de la nuit.

Difficile de ne pas voir des similitudes entre Kingdom et Rampant. Au-delà de la petite anecdote sur les réalisateurs, les deux Kim Seong-hoon, qui sont des homonymes, la série et le film partagent bon nombre de choses ; les zombies qui se réveillent la nuit, la période de Joseon et ce goût très prononcé pour les intrigue politiques. Mais les deux se distinguent sur le ton et la mise en scène. Là où Kingdom avait un vrai sens du burlesque, Rampant verse dans l’action qu’affectionne tant son réalisateur. Celui qui est à l’origine du sympathique Confidential Assignment il y a deux ans, déjà avec Hyun Bin que l’on retrouve ici, propose avec son nouveau film une intrigue essentiellement tournée vers l’action. Les chorégraphies sont inventées et exécutées avec talent et les affrontements contre les zombies deviennent plus souvent le prétexte à de très jolis plans qui mettent en exergue des combats à l’arme blanche qui font presque verser le film dans le genre des arts martiaux.

Pour autant, Rampant ne nous parle pas que d’action. C’est avant tout une histoire de manipulation, d’une maladie apparue soudainement qui fait les bons comptes de ceux qui convoitent le pouvoir. C’est un moyen de contrôler le peuple et de mettre la pression sur le nouvel héritier, avec un Jang Dong-gun amorphe qui campe un grand méchant sans grandes convictions. C’est d’ailleurs un reproche que l’on peut faire à la plupart du casting, à l’image de Hyun Bin qui a proposé de bien meilleures choses par le passé. Un casting qui reste d’ailleurs terriblement masculin, on aurait aimé voir Lee Sun-bin prendre un peu plus d’importance par exemple. Pourtant tente bien de nous investir dans cette vaste lutte de pouvoirs qui se sert des zombies comme de pions pour conquérir la cité, mais il faut bien avouer que seules les scènes d’action et leurs savoureuses chorégraphies parviennent à susciter notre intérêt. La faute à des dialogues rarement bien passionnants et un réalisateur qui peine à mettre en scène la tension qui devrait régner dans un palais où le trône est convoité par un homme aux intentions peu louables. C’est pas faute d’avoir des décors toujours très sympathiques et caractéristiques de l’époque de Joseon, et quelques vraies moments de grâce du côté des costumes et des lumières.

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Mais la photographie est quelconque, déjà vue, sans apporter la « fraîcheur » qui faisait de Kingdom une formidable surprise il y a quelques temps. Il y a pourtant une vraie bonne idée, celle d’utiliser les zombies comme décors plutôt que protagonistes. Leur existence ne sert que les intérêts des uns et des autres, les zombies apparaissent comme les envahisseurs d’un quelconque film de guerre d’époque où la cité serait assiégée par une force étrangère. Tantôt qualifiés de démons, tantôt de victimes de la rage, ces forces obscures agissent comme une armée qui, peu à peu, parvient à gagner du terrain, jusqu’à ce que le cœur de la cité soit obligé de se défendre. Alors ne nous y trompons pas : Rampant offre un vrai bon moment, c’est un film d’action classique mais relativement efficace, notamment grâce à l’intensité des scènes de combat et la qualité de ses chorégraphies. Mais cette intensité, ce rythme tombe à plat dès que le film revient à ses luttes de pouvoir. La politique prend le pas sur le reste, et c’est un élément que le réalisateur peine à maîtriser. Et c’est bien dommage car il parvient pourtant à poser une ambiance intéressante, de nuit, sans verser dans l’horreur à outrance.

Rampant nous a pourtant fait passer un bon moment, c’est indéniable, mais il souffre beaucoup de sa comparaison avec la série de Netflix qui se déroule dans un contexte similaire. Néanmoins Rampant a pour lui un réalisateur qui maîtrise très justement l’action et sa mise en scène, offrant quelques moments particulièrement intenses, malheureusement noyés au milieu d’une intrigue politique très peu intéressante. La faute à des dialogues qui ne saisissent pas l’urgence et l’importance du moment, et des acteurs qui semblent bien embarrassés par des personnages sans profondeur ni prestance. En outre, nous avons vu le film grâce à l’édition vidéo proposée par M6 Vidéo, et celle-ci nous a malheureusement beaucoup déçu. Le DVD n’offre en effet que deux uniques bonus : une bande-annonce et un « making of ». Ce dernier est en réalité un court clip d’une minute et trente secondes où des acteurs du film et le chef opérateur Lee Sung-je disent deux ou trois mots sur fond d’une poignée d’images de tournage. Pour couronner le tout, ce bonus est uniquement sous-titré en anglais. Une édition avare en contenu qui ne rend pas vraiment honneur à un film dont la qualité des chorégraphies des combats auraient mérité qu’on en apprenne plus.