Bong Joon-ho parle de Parasite et donne quelques indices sur son prochain film

... et revient sur son expérience avec Netflix.

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South Korean director Bong Joon-Ho (L) and South Korean actor Kang-ho Song arrive for the screening of the film "The Specials (Hors Normes)" at the 72nd edition of the Cannes Film Festival in Cannes, southern France, on May 25, 2019. (Photo by LOIC VENANCE / AFP)

Le Fantastic Fest avait lieu la semaine dernière à Austin au Texas, un festival centré sur le genre du fantastique et de l’horreur. Alors que son Parasite y était diffusé, Bong Joon-ho en a profité pour aller discuter avec quelques 350 chanceux étudiants à l’Université du Texas. L’occasion d’y faire quelques confidences sur sa manière de travailler avec , mais également sur son prochain film, dans des propos rapportés par le site ArsTechnica.

Le travail avec Song Kang-ho et les réactions du public à Parasite

Le réalisateur coréen, couronné de l’immense succès Parasite, a d’abord parlé de la manière dont le film a été reçu par les différents publics. Il remarque que « en Europe et aux Etats-Unis, ils disent que le film mélange les genres, » alors qu’en Corée du Sud, « les coréens le voient très proche de [leur] réalité. Beaucoup de personnes font référence à leur propre vie; certains ont sentis leurs odeurs en sortant du cinéma. » (En référence à la scène de Parasite où le film parle des odeurs de ses protagonistes.)
Il en a également profité pour vanter les mérites de Song Kang-ho face à une audience qui n’avait pas encore vu Parasite, en effet le film ne sort que le 11 octobre aux États-Unis. Bong Joon-ho déclare : « J’ai écrit le scénario avec lui (Song Kang-ho) en tête, et c’est le seul capable de jouer quelques scènes. (…) C’est un amplificateur : peu importe les émotions que je veux faire passer avec son personnage, il le fait dix fois, cent fois mieux. »

La liberté de Netflix face à l’expérience des salles de cinéma

A propos de Netflix et de Okja, le réalisateur vante sa liberté de ton et explique que « dès le début [chez Netflix], j’ai eu la garantie de pouvoir gérer le Director’s Cut et j’avais leur aval pour un film Rated-R, ils ont dit ‘même si tu veux qu’ils se roulent dans le sang de l’abattoir, c’est OK.’ Donc peu importe, que ce soit aux Etats-Unis ou en Corée, tant qu’on me laisse faire ce que je veux, j’irai travailler n’importe où. » (ndlr : « Rated-R » est une classification des films aux États-Unis qui signifie qu’il est déconseillé aux moins de 17 ans.)
Ce qui importe au réalisateur c’est donc sa liberté : il ne se ferme aucune porte, qu’il s’agisse de cinéma en Corée ou du petit écran chez Netflix, il ne souhaite que la liberté de faire ce qu’il aime.

Cependant, il met un bémol sur la plateforme américaine et le support vidéo en général, s’il a apprécie qu’on lui donne carte blanche, il préfère le cinéma. En effet, dans la petite « guéguerre » qui oppose Netflix aux salles de cinéma, il se positionne du côté des salles obscures : « Ce n’est pas parce que l’écran est grand ou que l’on partage le film avec les autres, mais c’est qu’on ne peut pas faire pause. Que ce soit Netflix, les DVD ou les Blu-ray, vous pouvez faire pause pour aller aux toilettes ou répondre au téléphone. Mais en tant que cinéaste, je pense qu’un film forme un tout que l’on regarde du début à la fin, il y a un rythme. Comme un chef d’orchestre ou un compositeur, je veux garder ce « tout » et il n’y a que dans les salles de cinéma qu’on peut le préserver. »

Quelques indices sur son prochain film…

Évidemment, interrogé sur les informations sorties récemment en Corée sur ses projets, le réalisateur n’a pas tout dévoilé, mais il donne quelques indices sur le genre de son prochain film. Bong Joon-ho dit ainsi « je ne sais pas si on peut parler d’horreur, parce que le genre est toujours ambigu dans mes films. Mais si on doit le décrire, on parlerait « action-horreur » et d’une catastrophe qui arrive à Séoul. »

Un projet qui lui tient à cœur, il y pense depuis longtemps. Le cinéaste déclare ainsi « j’ai cette idée en tête depuis 2001, cela fait donc 18 ans que je la développe et ça devient une obsession. Il faut vraiment que je tourne ce film. Pour vous donner un autre indice, ce n’est pas un film qu’on peut tourner à New York ou à Chicago : ça ne peut fonctionner que si tous les piétons ont la même couleur de peau. »