Critique : Maria de Pedring Lopez

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Date de sortie
17/05/2019
Réalisateur
Pedring Lopez
Pays
Philippines
Diffusion
Notre score
2.8

Rarement distribué en salle en France, le cinéma philippin est aussi riche et diversifié que les autres. Cette fois c’est le film Maria du réalisateur Pedring Lopez (Nilalang), disponible depuis le 17 Mai 2019 sur Netflix (encore) qui passe le test de la critique. Cristine Reyes (No other Woman) y tient le rôle principal, accompagné de Germaine De Leon (Buried Alive), KC Montero (Alyas Robin Hood),  le chanteur Guji Lorenzana (Suddenly It’s Magic),  Freddie Webb (Three Words to Remember)Jennifer Lee (Illusion), et Cindy Miranda (Third Wheels).

L’intrigue tourne donc autour de Maria, tueuse à gage badass travaillant pour un cartel. Elle décide de prendre sa retraite en simulant sa mort après une mission pour laquelle elle refuse de tuer une mère et sa fille. Sept ans plus tard, Maria s’est reconstruite une vie avec Bert (Guji Lorenzana) et leur fille. Ils coulent des jours heureux jusqu’au jour où l’ancien partenaire de Maria la reconnait sur une photo. À partir de là, si vous avez regardé John Wick avec Keanu Reeves, vous avez tout le film, surtout si vous vous souvenez de ce qui arrive à son chien.

Le film débute par une séquence pré-générique qui rappelle The Vilainess de Jeong Byeong-Gil (2017) mais en moins impressionnante. Maria descend des gardes avant de pénétrer dans une villa pour y liquider ses habitants. Là où ça pêche c’est que les scènes d’action sont un peu lentes au point de voir la chorégraphie. On voit l’acteur attendre que l’autre enchaîne avec le mouvement suivant ce qui est dommage. Arrive ensuite un générique qui nous pousse à nous demander si on va regarder une série télévisée tant nous n’avons pas l’habitude de voir d’en voir qui contiennent des futures séquences du film, en noir et blanc, et sur un effet-clip.

Au niveau du jeu des acteurs, là encore ça laisse parfois à désirer tant certains exagèrent mais ma seule expérience en film philippin se résume à Alpha : The Right to Kill de Brillante Mendoza où les personnages ne brillaient pas par les dialogues, et peut-être est-ce typique aux Philippines. Le seul qui se distingue par son jeu et celui qui interprète le personnage de Greg, le mentor de la tueuse.

Parmi les autres points négatifs, on peut rajouter des effets videos qui sont inutiles notamment sur les flash-backs. Honnêtement nous n’avons pas besoin de ça pour comprendre qu’il s’agit d’évènements passés surtout là où ils apparaissent. De plus, certes il s’agit d’un film d’action dans lequel la protagoniste à une soif de vengeance mais il y a beaucoup trop de scènes de violence injustifiées et incompréhensibles. D’accord, on peut éprouver du ressentiment pour quelqu’un mais où est la logique ? Kaleb, accessoirement l’ancien partenaire de Maria n’en a pas du tout. Parmi ses meilleures répliques qui laissent dans la confusion vous entendrez : « Maintenant tu sais ce que ça fait Lilly ! », Lilly étant l’ancienne identité de Maria, alors que clairement à aucun moment du film cette dernière n’a agit avec autant de cruauté envers lui. La colère de Kaleb n’a ni queue ni tête, ni son obsession envers elle. Ce dernier a un énorme problème d’égo, et ce n’est pas le seul parmi les personnages masculins. D’ailleurs toutes les scènes incompréhensibles mettent en scène le casting masculin qui passe son temps à torturer des gens dont nous ignorions l’identité et les raisons pour lesquels ils sont soumis à autant de violences.

Une des seules choses qui sauve le film concerne les rôles attribués aux personnages féminins. Elles font tout le travail pendant que les hommes s’adonnent à des combats de coq. À cela s’ajoute quelques belles scènes de combats et de magnifiques plans qui sont trop rares. Je citerai une bagarre dans les toilettes et une autre dans un bureau pour laquelle la caméra reste en retrait et donne de la puissance à ce que l’on voit. Pour faire simple, si il n’y avait pas les femmes, le films n’auraient aucun intérêt, bien que certaines soient au service du cartel.

Ce qui est dommage c’est que nous n’avons pas le temps de nous attacher à Maria et à sa famille, malgré plusieurs séquences où on la voit vivre une vie normale et se disputer pour des broutilles avec son mari, ce qui est la conséquence flagrante d’un problème d’écriture. À contrario, on pleurait directement pour la mort du chien de John Wick au bout de quinze minutes, après une brève présentation de l’animal. Ici nous ne ressentons rien. Sans doute parce-que tout arrive trop vite et n’a aucune logique.

Globalement le film est intéressant mais pas engageant émotionnellement. Attendez-vous quand même à avoir une suite car la fin de Maria est ouverte.

2.8