Critique : Steel Rain de Yang Woo-Seok disponible sur Netflix

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Réalisateur
Yang Woo-suk
Pays
Corée du Sud
Diffusion
Notre score
5

Sorti en décembre 2017 en Corée du sud et enfin disponible depuis le 14 mars 2018 sur la plate-forme américaine, Steel Rain est une fenêtre ouverte sur la grande Histoire de la Corée. Il est en plus porté par deux acteurs talentueux : Jung Woo-Sung (The Good, The Bad, The Weird) et Kwak Do-Won (The Attorney). Première chose à dire après le visionnage du film : c’est une honte d’avoir attendu aussi longtemps avant de le voir. Shame, Shame, Shame.

Son réalisateur Yang Woo-Suk est plus connu pour The Attorney (2011) pour avoir réussi à franchir la barre des 11 millions de téléspectateurs en Corée du Sud devenant le huitième film le plus rentable du pays à l’époque ; mais également en tant que créateur de webtoons tels que If Thou Must Love Me (2008-2009) et Steel Rain (2011-2012).

The Attorney traitait déjà du lourd passé politique du pays et Steel Rain qui est donc l’adaptation du webtoon du même titre n’en n’est pas en reste. Ce choix s’explique par l’envie de Yang Woo-Suk de vouloir raconter des histoires de personnes qui se battent pour préserver leurs croyances lorsqu’elles sont confrontées à des conflits externes.

De fait, un agent du service secret nord-coréen appelé Eom Chul-Woo se voit confier pour mission l’assassinat de deux des plus hauts militaires officiels du régime qui prévoient un coup d’état contre le leader suprême. Lorsqu’il atteint enfin le complex industriel où a lieu une cérémonie en l’honneur du leader, l’attaque a déjà débuté et le leader est gravement touché. En fuite avec et pour sauver le numéro un, Eom Chul-Woo n’a pas d’autres choix que de traverser la frontière et passer en Corée du Sud, là où il devra en plus lutter contre sa xénophobie. Ben oui les gens du sud sont des êtres abjectes d’après le régime.

Voilà donc pour la petite histoire. Pour la petite oui, mais sur fond de grande Histoire. Car l’intrigue du film repose sur la division de la péninsule lors de la Guerre de Corée, qui dura trois ans (officiellement). Dès le début du film, on nous rappelle, ou du moins à ceux qui s’y connaissent, quels étaient les enjeux de la guerre, et les erreurs commises par les deux parties, en pointant du doigt les américains tenus pour responsable de son déclenchement.

Autant mettre les pieds dans le plat tout de suite, le film est formidable ! Et je dis cela en toute objectivité. Le film combine avec aisance de l’espionnage, de la tentative d’assassinat de hautes personnalités et de la collaboration entre deux individus qui doivent surpasser leurs appréhensions afin d’essayer de connaître l’autre. On ne peut faire confiance à personne et ça arrive assez vite. Tout cela en maintenant le cap sur une intrigue qui n’a rien à envier aux films d’hollywood.

Passé la complexité narrative autour des enjeux politiques balancés pendant les quinze premières minutes, le film enchaîne les péripéties comme une magnifique partition de musique. Dès la présentation des deux acolytes qui vont devoir travailler ensemble afin d’éviter une nouvelle guerre fratricide, on s’attache et on ne s’ennuie jamais. On rit, on a un peu envie de pleurer, et les références historiques ne manquent pas. On se rend également compte que les coréens ne sont pas dupes face aux intérêts des autres pays concernant la péninsule. Tout cela est saupoudré de leçons politiques autour des relations du pays avec les États-unis, le Japon et la Chine. Tout le monde en prend pour son grade, y compris la Corée du Sud. En plus de divertir, le film se veut pédagogique – surtout pour les citoyens coréens. S’il en est pour preuve cette phrase « People of a divided nation suffer more from those who try to use the division for their gain than the division itself » que l’on peut traduire par : les gens qui vivent dans un pays divisé souffrent plus à cause des gens qui utilisent cette division pour leur propre compte que par la division en elle-même.

Steel Rain est un film d’action mais les scènes d’actions sont justifiées et tout du moins sobres, ne laissant pas l’impression que ça a été imposé là parce-qu’il faut en rajouter absolument, en dehors de la première séquence où des femmes du régime se retrouvent au mauvais endroit au mauvais moment. Techniquement parlant le film est une réussite tant sur le plan de la musique que de la photographie, avec un zeste d’humour noir bien placé.

Vous l’aurez compris je ne peux que trop vous recommander ce film surtout si vous souhaitez en apprendre un peu plus sur le contexte socio-politique de pays sans vous en rendre compte.

 

Steel Rain
5