Les Funérailles des roses de Toshio Matsumoto au cinéma le 20 février

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Date de sortie
20/02/2019

Nouvelle restauration 4K au programme pour Carlotta qui une nouvelle fois nous offre une version inédite au cinéma. Cette fois c’est le film de Toshio MatsumotoLes Funérailles des roses qui sera au cinéma à partir du 20 février 2019.

Restauration 4K donc, d’après le négatif 35 mm d’origine qui offre donc une nouvelle vision pour le premier film du réalisateur, totalement inédit en France.

Premier long-métrage de Toshio Matsumoto, cinéaste japonais venu du documentaire et de l’expérimental, Les Funérailles des roses dresse le portrait sans fard de la communauté des drag-queens tokyoïtes à la fin des années 1960. Cette réécriture pop et hybride du mythe d’Œdipe est à la croisée de plusieurs genres.

Le premier est d’ordre documentaire puisque Matsumoto s’attache à décrire le milieu homosexuel japonais de l’époque : il offre ainsi les rôles principaux de son film à des acteurs non-professionnels recrutés dans les clubs, et insère au sein même de la narration des témoignages d’anonymes, bouleversants par leur franchise et leur dignité face à la discrimination qu’ils subissent au quotidien.

Le deuxième est d’ordre militant puisque le cinéaste fait converger les luttes et les avant-gardes, aussi bien culturelles, sexuelles, politiques et cinématographiques. Revendiquant ouvertement l’influence de Jean Genet, en particulier son roman Notre-Dame-des-Fleurs (1943) se déroulant lui aussi dans le milieu travesti, Les Funérailles des roses montre la grande créativité et la scène bouillonnante du Tokyo underground où se côtoient drag-queens, jeunes cinéastes expérimentaux et révolutionnaires, et manifestants situationnistes. Tous ces personnages forment une Factory à la japonaise, faisant du quartier de Shinjuku un haut lieu de révolte et de renouveau culturel, où émergent des créatures célestes comme Eddie – clin d’œil à Edie Sedgwick, l’une des muses de Warhol –, interprétée par le jeune travesti Peter.

Avec son intrigue lorgnant ouvertement vers la tragédie, Matsumoto livre une interprétation baroque et queer du mythe d’Œdipe et fait le choix d’une mise en scène radicale, reprenant des éléments du cinéma expérimental : film dans le film – quelques extraits de précédents courts-métrages du réalisateur y figurent –, accélérés musicaux – que l’on retrouvera plus tard chez Kubrick dans Orange mécanique (1971) –, intégration de bulles de bandes-dessinés directement sur l’image, scènes d’amour surexposées…

Plongée dans la vie des marginaux de Tokyo, Les Funérailles des roses est un document inestimable sur cette période et sur le milieu homosexuel nippon, mais aussi – et surtout – un grand film au langage cinématographique singulier, œuvre maîtresse de la Nouvelle Vague japonaise, à découvrir pour la première fois en France dans sa restauration 4K !