Critique : Un grand voyage vers la nuit de Bi GanUn grand voyage vers la nuit 770x433critique : un grand voyage vers la nuit de bi gan

Critique : Un grand voyage vers la nuit de Bi Gan

Dernier mis à jour:
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Date de sortie
30/01/2019
Réalisation
Bi Gan
Pays
Chine / France
Notre score
4

Sélectionné au Festival de Cannes du côté d’ Un Certain Regard, le second film de Bi Gan Un grand voyage vers la nuit est sorti sur nos écrans.

Si vous lisez le résumé avant d’aller voir le film vous allez trouver cela : Luo revient à Kaili, sa ville natale, après une fuite de plusieurs années. De retour pour des raisons personnelles, il se met également à la recherche de la femme qu’il a aimé, elle disait s’appeler Wan Qiwen.

Résumé que bien évidemment je ne m’étais pas donné la peine de lire puisque lorsqu’un film asiatique débarque sur notre territoire je ne me pose pas de questions. Avant d’aller voir ce film je m’étais donc juste contenté de regarder sa bande-annonce qui promettait de nous faire vivre un instant magique que je ne regretterai pas.

Il s’agit donc du second film de ce jeune réalisateur dont le premier film, Kaili Blues, fut révélé en 2015 et couronné par le prix du Meilleur réalisateur au Festival de Locarno. Loin de tomber dans le film contemplatif, Bi Gan est de toute évidence un maître de la mise en scène. Tout est magnifique dans ce film : les voix, la narration du personnage principal et les dialogues entre protagonistes, la lumière, les couleurs, les plans et les mouvements de caméra. À coup de caméras subjectives, de travelling latéraux lents qui nous permettent de vivre pleinement l’expérience sensorielle, Bi Gan parvient à nous transporter dans un rêve délicieusement poétique. On a vraiment l’impression de baigner dans un monde merveilleux teinté de lyrisme et d’onirisme entre rêves, souvenirs et rencontres. Le film est découpé en deux parties, bien marquées, avec pour fil rouge la recherche de la femme qui continue à hanter la mémoire de Luo.

L’oeuvre du réalisateur commence tel un film noir avec une mission : trouver la femme, et se termine comme une expérience sensorielle qui débute par une mise en abîme à la moitié du film, et qui nous plonge à travers un plan séquence de soixante minutes dans un rêve (?). Bi Gan prend un malin plaisir à brouiller les pistes quant à sa narration à l’aide de techniques cinématographiques époustouflantes. C’est tout simplement un film magnifique à regarder et à écouter. Avec l’aide de la caméra, on nous plonge dans un rêve non pas en tant que simple spectateur mais comme participant. Le réalisateur parvient à nous faire vivre une expérience immersive dans laquelle nous avons la sensation de flotter et de participer pleinement. Un peu à la manière d’un jeu vidéo en réalité virtuelle dans lequel nous ne pouvons voir que ce que l’on veut bien nous montrer.

Seulement voilà, la quête est dure à suivre, et d’ailleurs y a-t’il un récit ? À force de nous perdre volontairement dans les méandres du lyrisme, l’intrigue devient compliquée à assimiler. Je suis même incapable de vous résumer tout le film alors qu’il est, je l’ai déjà dit, magnifique. On se perd dans les événements passés et présents. S’agit-il d’un rêve où d’un souvenir ? Qui sont ces gens qui viennent d’apparaître ? Où sommes nous ? Nous ne sommes pas sûr de ce que nous voyons et à quelle époque nous nous trouvons.
Je ne serai que trop vous conseiller de voir le film plusieurs fois, parce-que moi je n’ai rien compris. Et je suis loin d’être la seule, ce qui me conforte grandement. Bien qu’ayant de plans très beaux, ils sont lents, ce qui donne l’impression d’un film sans fin, ce qui tombe bien puisque la fin est ouverte, mais on ne peut s’empêcher de pousser un soupir de soulagement quand le générique de fin défile enfin.

Un grand voyage vers la nuit n’est pas s’en rappeler le travail des réalisateurs Wong Kar-wai et bien sûr David Lynch tant il s’agit plus d’une expérience cinématographique que d’un film.

Pour conclure, l’intrigue d’ Un grand voyage vers la nuit reste mystérieuse et nous pousse à nous poser des questions des jours après sur ce que l’on voulu nous raconter. Néanmoins je suis prête à réitérer l’expérience tant le réalisateur est parvenu à me faire rêver. Pas maintenant mais peut-être dans quelques mois lorsque le DVD sortira.

Note des lecteurs2 Notes3.8
4