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TIFFCOM 2018 : Le Film Market : Le nerf de la guerre

Pour la troisième année consécutive, ciné-asie.fr, se trouve au Tokyo Film Festival. Pour cette 31ème édition, avec notre nouveau site, nous innovons également en vous racontant notre expérience au cœur de la face cachée de son festival : le marché du film.

 

En effet, si certains d’entre vous ont un jour pris part à un festival de cinéma de cette envergure, vous avez remarqué à quel point le marché du film, cette rencontre entre professionnels du monde médiatique et de potentiels distributeurs est le nerf de la guerre. Des plus grandes marques, Bandai, Toei Animation aux productions indépendantes, ce court salon du 23 au 25 Octobre est vitale pour la survie d’œuvres artistiques mais aussi pour la pérennité d’emplois et de productions cinématographiques dans un monde où Netflix, Amazon et les autres grandes Majors, en manque d’idées nous donnent la même soupe à consommer depuis plusieurs années : Des superhéros vides d’intérêts (Netflix : Iron Fist, Luke Cage etc…) aux reboots systèmatiques de franchises ultra connues (Ghosbusters, Jurassic World) et prochainement un remake de West Side Story par Steven Spielberg qui risque fort d’être un échec, un de plus à la manière d’un Venom sorti récemment. L’Asie n’y échappe pas non plus avec ces films Live Action, d’héros de manga/anime. On se souvient du raté Full Metal Alchemist et aussi celui à mon sens de Bleach distribué par Netflix (un hasard ?).

 

Alors est-ce que le 7ème art est condamné ? Certains diront que oui. Que le cinéma de papa, c’est fini, et que dans les années à venir nous n’aurons que de suites à des suites, pour nous inciter à acheter des produits dérivés (par exemple : les figurines POP !)

Ainsi, le ‘’Japan Content Showcase’’ qui a lieu en marge du TIFF, donne une once d’espoir à tous celles et ceux qui croient en leurs projets, en leurs films et qui souhaitent qu’une chose se faire distribuer. Le TIFFCOM (son nom officiel) fête cette année ses 15 ans. Regroupant, le marché du film, de la télévision, de l’animation et de la musique il est le seul festival approuvé par la Fédération Internationale des associations de producteurs de films (TIAF). Pendant 2 jours, il est le théâtre d’une guerre : celle de la survie. Un champ de bataille où les petits producteurs redoublent de stratagèmes pour convaincre des distributeurs.

Mais tout à un prix. Pour 9m2 un stand vous coûtera environ 5000 euros. Mais pour le double soit 18m2 il vous faudra débourser la somme de 1 298 430 Yen soit 10 000 euros !

 

En relation avec le TIFF, ce marché du film fait la part belle à la catégorie de films ‘’Japan Now’’. De jeunes réalisateurs bénéficient de cet event pour se faire connaître surtout à l’international.  De notre côté, un film en particulier a retenu notre attention dans cette catégorie : Mori, The Artist’s Habitat de Shuichi Okita, qui nous permet de voir pour l’une des dernières fois, l’actrice Kirin Kiki décédée le 15 septembre 2018. D’autres films sont présentés notamment Blader, un ‘’Live Action Hero Drama’’ de 60 minutes pour l’instant, dans un monde futuriste, le réalisateur Junya Okabe nous assure que le film est adaptable pour le marché américain et chinois (on retrouve donc ici une stratégie d’adaptation pour ce faire distribuer).

 

S’adapter au marché n’est pas juste qu’une figure de style ou pour des petits studios de production. Cet état touche aussi les grands de l’animation japonaise trop souvent critiqués pour leur sexisme, On notera que la TOEI propose Santias Sho, les Chevaliers du Zodiaque au féminin. Dans ce désir de féminisation et de s’ouvrir à un nouveau marché, la TOEI transforme l’histoire originale de Saint Seiya avec des héroïnes gardes du corps d’Athéna.

Comme tous les secteurs dont leurs économies se tendent d’années en années, le TIFFCOM, acceptent de plus en plus de nouveaux venus dans ses allées. On y découvre des entreprises consacrées aux concept arts comme Art of War avec Samurai Animals, un projet incluant les 12 animaux du zodiac chinois en guerriers samouraïs. Pour Chen Shihui, représentante à l’international pour Art of War, l’important est de rencontrer des acteurs du monde du cinéma ou du jeu vidéo : ‘’On a besoin de tous les talents dans ces secteurs d’activités. Nous bénéficions d’investisseurs mais nous voulons développer notre univers Samurai Animals d’une manière innovante qui avantagera les deux parties impliquées.’’ Traduisons cela, comme obtenir une solution gagnante-gagnante sans dénaturer le travail des collaborateurs (une dizaines d’artistes japonais).

 

 

Avec TIFFCOM, ce film market nous donne un excellent indice des tendances et des projections à court et moyen termes des futures sélections cinématographiques pour la plupart des festivals ou du moins ceux concentrés en Asie et de leur distribution dans les différents canaux ou plateformes présentes sur le marché.

 

 

 

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