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Critique : Wolf Warrior 2 de Wu Jing

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Wolf Warrior 2 est devenu cet été le plus gros succès de l’histoire du cinéma chinois, et le deuxième plus gros succès d’un film sur un seul territoire, après Star Wars : le Réveil de la Force. Après vingt ans passés dans l’ombre des Jackie Chan, des Jet Li et des Donnie Yen, voici Wu Jing catapulté dans le livre des records.

Deux ans après le succès inattendu de Wolf Warrior en Chine, Wu Jing est de retour comme co-scénariste, réalisateur et star pour cette suite, cette fois-ci à l’appui d’un budget bien plus gros, et avec dans son camp les frères Russo (réalisateurs bien sûr de Captain America : Le Soldat de l’hiver et de Avengers : Infinity Wars) comme consultants. Il interprète à nouveau Leng Feng, soldat d’élite membre de l’escadron des Wolf Warriors : en disgrâce après avoir manqué de tuer un homme qui menaçait la famille d’un de ses camarades mort au champ d’honneur, il pleure aussi Long Xiaoyun (Yu Nan), sa supérieure et fiancée, disparue lors d’une mission en Afrique. Leng mène maintenant une vie paisible en Afrique, tout en ne désespérant pas de se venger de ceux qui ont tué sa fiancée. Mais quand une guerre civile explose dans le pays, il doit retrouver, pour le compte du gouvernement chinois qui ne peut pas intervenir à cause de lois internationales de non-ingérence, un docteur chinois ayant peut-être trouvé le vaccin pour un terrible virus qui ravage cette partie de l’Afrique. Mais Big Daddy (Frank Grillo), chef d’une équipe de mercenaires impitoyables, est aussi sur la trace du docteur chinois…

Le premier Wolf Warrior, en plus de son intrigue simplette et de sa propagande lourdaude, ne proposait même pas de scènes d’action mémorables ou spectaculaires. Cette suite n’est pas mieux écrite : assénant constamment l’héroïsme de son personnage principal (Wu fait preuve ici d’une certaine vanité) et le caractère ignoble de ses antagonistes, Wolf Warrior II ne s’embarrasse pas de logique, se veut poignant à coup de clichés tragiques du tiers-monde, et propose un humour qui se résume à « qu’ils sont joyeux ces Africains ! ». Heureusement, la propagande est moins grossière cette fois-ci : exceptée une scène où Wu Jing devient – littéralement – un drapeau humain, quelques références à l’excellence de l’armée chinoise, et une pique peu subtile contre les Chinois expatriés qui abandonnent leur nationalité chinoise.

Cependant, et contrairement à son prédécesseur, Wolf Warrior II est une avalanche de scènes d’action délicieusement excessives, coordonnées par Wong Wai Leung (du récent et non moins explosif Operation Mekong de Dante Lam) et Sam Hargrave (chorégraphe pour les films Marvel des frères Russo, justement). Dès les premières minutes nous est servi un hors-d’œuvre sous forme d’un combat d’arts martiaux sous-marin, parfaitement invraisemblable mais tout à fait jubilatoire. Par la suite, le film ne passe pas dix minutes sans se lancer à nouveau dans une nouvelle scène d’action : une course-poursuite à travers un bidonville, une attaque de drones dans une usine, une bataille de tanks et bien plus encore. Le clou du spectacle étant le combat final sauvage entre Wu Jing et Frank Grillo, probablement la scène d’action la moins chère du film et pourtant la plus prenante. Mis à part des explosions et des jets de sang assez mal rendus en images de synthèse, Wolf Warrior II est un spectacle réjouissant.

Devant la caméra, Wu confirme qu’il a enfin la carrure d’un acteur principal, charismatique, parfois assez émouvant, et bien sûr comme depuis toujours impressionnant en action. Il est ici réuni avec sa partenaire de Legendary Assassin (son premier film comme réalisateur), Celina Jade, et leur alchimie n’a pas diminué. Frank Grillo donne à son rôle sous-développé de mercenaire stéréotypiquement cruel un certain charme maléfique, tandis que l’excellent Wu Gang se voit réinventé avec succès en acteur d’action. Déjà sous-employée dans le premier film, Yu Nan est cette fois-ci reléguée à de furtifs flashbacks, mais devrait être plus présente dans Wolf Warrior III, annoncé avec assurance à la faveur d’une scène post-générique incongrue.

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