2.5

Après le ratage de l’adaptation de TerraFormars, Miike Takashi revient avec l’habitant de l’infini. Ce n’est pas aussi catastrophique, mais il y a tout de même peu à sauvé.

Un bretteur du nom de manji subit une malédiction après avoir vengé la mort de sa sœur. Il est désormais immortel. Une jeune fille dont les parents ont été assassinés par un groupe de bretteurs outlaw, IItto-ryu. La jeune fille va donc demander à Manji de devenir son yojimbo (garde du corps) pour assouvir sa vengeance. On pense tout de suite à Baby Cart devant une telle trame, mais où la saga se démarquait par une mise en scène novatrice et la mise en œuvre de choc esthétique, l’habitant de l’infini/Blade of the immortal ne semble pas avoir de point de vue. C’est là tout le problème, Miike qui s’est pourtant déjà attelé au chanbara avec une maestria indubitable est tiraillé entre le cahier des charges et ses propres positions qui ne semblent pas être très commerciales. Les combats qui font clairement références à l’âge d’or du genre prennent l’allure de passage obligatoire ou les deux options que nous proposent le cinéaste sont soit un court travelling latéral soit une caméra à l’épaule chaotique. Néanmoins, les affrontements entre Manji et les bretteurs du groupe dans des duels révèlent un autre film. Ce sont des fulgurances qui peuvent rappeler Gojoe ou Azumi. Cette dichotomie structure le film et lui donne un rythme très bancal. On est surpris par une composition digne des grands maîtres avant d’être atterré par cinq minutes de dialogues avec des acteurs aux jeux interlope. La jeune fille par exemple s’exprime toujours de la même manière avec une expression faciale vide qui nous rappelle que l’industrie japonaise monte ses films sur des acteurs, des visages reconnaissables avant tout. C’est loin d’être un gage de qualité et le film le prouve une énième fois.

On peut quand même apprécier le soin que le cinéaste porte à l’image en dehors des scènes d’actions. L’expérience de Miike se ressent et nous sommes parfois confrontés à de très beaux plans entre deux choses beaucoup moins mémorables. On oublie très vite les scènes violentes ou plus travaillés tant la longueur du film nous noie sous de l’académisme fade. Et le film souffre de la comparaison avec des adaptations contemporaines comme celle de Kenshin qui a su faire la différence en rafraîchissant le genre. Kenshin réussit ouvertement ce que l’habitant de l’infini/Blade of the immortal nous propose par des éclats éphémères. Alors que les deux films semblent viser le même public. Nous devons donc accepter la terrible réalité qui frappe « le fou filmant », il peine à se renouveler. Après tout, cette adaptation signifie la 100eme œuvre du cinéaste japonais qui n’a plus rien à prouver et apparemment très peu à montrer.

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Cannes 2017 – Critique : Blade of the immortal de Takashi Miike
Miike peine à renouveler son cinéma, il reste quand même efficace dans une certaine mesure!
Note des lecteurs0 Note0
très beaux plans
Trop long
2.5

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Note finale

Cannes 2017 - Critique : Blade of the immortal de Takashi Miike