Critique: Rurouni Kenshin de Ohtomo Keishi

Critique: Rurouni Kenshin de Ohtomo Keishikenshin movieRurouni Kenshin
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4.5

Ces dernières années, la Warner Brothers semble avoir réduit ses investissements dans des productions locales – hors Hollywood. Cependant, s’il y a bien un pays où ils sont restes actifs, c’est le Japon (Death NoteSummer WarsParadise KissOutrage Beyond). Le bureau japonais a aussi été a l’origine de Rurouni Kenshin, un film de samurai très populaire au box-office japonais et dans l’Asie entière. Depuis peu il a été distribue en Europe, et notamment au Royaume-Uni le 4 octobre 2013. Pour la France, étrangement, il n’y a priori pas eu de sortie encore fixée.

Inspiré du manga japonais dessine par Nabuhiro Watsuki, qui suit l’aventure d’un samurai errant et bienveillant, le film avait d’ailleurs été confirme pour une distribution dans 64 pays à la fin de sa production en août 2012. Cependant, peu ont sorti le film hormis dans d’autres pays asiatiques (du moins, c’est ce qu’indique IMDB). Le Royaume-Uni est probablement la seule sortie en salles du film pour l’Europe.C’est assez décevant quand on connaît l’insert pour le manga et l’animation, et la base de fans existante (pour l’anecdote, l’un de nos rédacteurs avait même reçu le surnom de Kenshin à l’université…, pour dire la connaissance par les nippophiles).

Battosai est en effet un personnage de fiction très respecte dans la culture japonaise car il incarne le plus pur esprit des samouraïs – qui intéresse d’ailleurs beaucoup l’occident, du Dernier Samouraï, aux 13 Assassins et Hara-Kiri, en passant par le prochain 47 Ronins par Universal Pictures (prévu pour décembre).

Avec le soutien de la Warner, et une forte base de fans, le film a de quoi trouver rapidement le succès.Au point que les producteurs du film ont choisi de sélectionner des acteurs locaux surtout connus pour leurs apparitions televisees: Takeru Sato (Kamen Rider Den-ORookies) pour Himura Kenshin, Emi Takei pour Kamiya Kaoru, Yuu Aoi (Hana and AliceHoney and Clover) pour Takani Megumi et Munetaka Aoki (The Last Message UmizaruThe Girl Who Leapt Through Time) pour Sagara Sanosuke. De même, le film est réalisé par un réalisateur venu de la télévision, Ohtomo Keishi.

La télévision japonaise produisant ces propres contenus correspondant a des goûts locaux, ces talents ont relativement peu de reconnaissance hors de l’archipel Nippon. Un tel choix est relativement risqué pour une distribution internationale, bien que le Japon est quand même le 3e plus gros marche cinématographique du monde. Ce qui explique peut-être les doutes quant aux dates de sortie du film en Europe et en Amérique du Nord, bien que les gros films de samouraïs y soient généralement bien appréciés.

Cela est bien dommage car l’histoire est des plus intéressantes, avec un travail excellent sur le scénario et une adaptation maîtrise par Ohtomo. Sans connaître le manga, il est facile de comprendre l’ensemble des événements arrivant au jeune Kenshin.

Les scènes d’action sont impressionnantes, regorgeant de technique, stratégie, tout en gardant une quantité d’effet spéciaux raisonnable pour permettre au film de garder un grain réaliste – chose rare dans les films japonais adaptes des mangas, qui incluent souvent des effets virtuels et animes qui en rajoutent: le meilleur exemple est celui de Goemon, qui pourtant est un film tout à fait excitant.

Le jeu des acteurs est excellent, notamment celui du jeune Takeru Sato (seulement 22 ans!) dans son rôle de Kenshin, qui semble lui avoir ouvert des portes, notamment avec la suite du film en préparation.

Finalement, la composition musicale excellente et une légère romance entre Kenshin et Kaoru viennent ajouter un certain équilibre et une douceur à un film déjà très focalise sur l’action, ce qui permet d’ouvrir le film a une audience plus large.

En bref, Rurouni Kenshin s’inspire du meilleur des films de samouraïs tout en s’appuyant sur un personnage ultra-connu au Japon. Étant donne le buzz autour du film depuis juillet 2011, il n’y avait aucun doute que ce serait un des plus gros paris du cinéma japonais. Bien que l’orientation s’est avérée initialement locale avec acteurs et réalisateur venus de la télévision, la qualité de la production, l’excellent jeu des acteurs et une histoire pleine d’intrigue conservent au film une chance de réussir sur le marche international.