Note des lecteurs1 Note4.6
5.0

L’histoire est assez simple mais elle est traitée d’une manière tellement directe et sans fioriture qu’elle vous englobe complètement. Il est difficile de s’ennuyer dans ce film, malgré les nombreux moments silencieux. En effet, ces moments calmes sont pleins de sens et ajoutent du poids à l’histoire.

Cela se résume ainsi : Kang-Do est un petit mafieux de bas étage dont le travail est de récupérer l’argent des dettes accumulées auprès de son patron par les artisans d’un quartier destiné à disparaître. Kang-Do, abandonné à sa naissance, vit tristement et semble répercuter son mal-être sur ses victimes. Un jour, une mère arrive dans sa vie et il ne sait pas quoi en penser. Cela le perturbe. Bien sûr, sa nouvelle mère a ses propres secrets…

Au niveau de la réalisation, il s’agit d’un film avec une ambiance lourde accentuée par l’absence de musique de fond. La violence nous y est montrée de manière crue et malsaine (notamment à travers le thème de l’inceste). On souffre avec les victimes. Mais, ce n’est pas l’essentiel du film. Il nous montre la dure loi du capitalisme qui provoque l’endettement dans ce bas quartier. Le film raconte aussi les différentes étapes par lesquelles passe Kang-Do lorsqu’il réalise qu’il a une mère : la méfiance, le doute, l’inquiétude et le dévouement total. On finit même par entrevoir à certains moments une once de sensibilité enfantine chez ce personnage à priori froid et dénué de sentiments.

Certes, l’histoire et le twist de la fin sont remarquables dans ce film mais ce qui nous accroche surtout c’est le jeu des acteurs. Le regard de Kang-Do est très expressif. Celui-ci suffit à terroriser ses victimes. Sa mère, elle, nous garde dans le doute presque constamment. On ne réalise qu’à la fin que ses larmes et silences ne sont pas dirigés nécessairement vers Kang-Do. Mais, au moment même, on y croit autant que lui.

On note aussi que le réalisateur n’a pas voulu trop s’enfoncer dans l’horreur et la violence. Il y a par-ci par-là des moments comiques qui cassent un peu l’angoisse, mais c’est surtout pour mieux repartir ensuite.

Y-a-t-il quelque chose à changer ? Pas vraiment. Bien sûr, le manque de musique de fond contribue à l’ambiance, mais quelques sons d’instruments bien placés auraient pu ajouter encore plus d’angoisse.

En résumé, c’est un bon thriller avec une histoire captivante et des acteurs remarquables. Pour ceux qui aiment les films Sud-Coréens, c’est un must.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Note finale

Critique : Pieta de Kim Ki-duk