Critique : La la la at rock bottom de Nobuhiro Yamashita
4.0Note Finale
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L’histoire :

A peine sorti de prison, Shigeo, 29 ans, reçoit un mauvais coup qui le rend amnésique. Tandis qu’il erre dans les rues d’Osaka, il s’invite à l’improviste sur la scène d’un concert en plein air. La jeune manager du groupe, Kasumi, tombe sous le charme de sa prestation, elle prend alors Shigeo sous son aile.

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L’année passée, nous avions découvert et adoré un joli petit film : Tamako in moratorium de Nobuhiro Yamashita. Cette édition 2015 nous permet de poursuivre la découverte de ce réalisateur avec son dernier film : La la la at rock bottom.

La la la at rock bottom raconte les aventures d’un voyou (Subaru Shibutani) qui perd mémoire suite à un règlement de compte. Devenu amnésique, sa personnalité a changé, il développe l’innocence d’un enfant. Prenant le micro lors d’un concert, et chantant à tue-tête un tube d’Akiko Wada, une sorte d’Aretha Franklin japonaise, les spectateurs et les membres du groupe vont tomber sous le charme. Intégré comme nouveau chanteur du groupe Akainu et nommé Pochio, il va peu à peu apprendre à revivre.

La la la at rock bottom nous parle de destin, de choix dans la vie, de résilience, à travers un récit à la fois, dramatique, touchant et drôle.

C’est là tout le talent de Nobuhiro Yamashita et de ses scénaristes, Tamako déjà dressait le portrait d’une jeune adulte paresseuse à souhait qui ne prenait pas son destin en main, une anti héros complète à laquelle on finissait par s’attacher.

Dans La la la at rock bottom, le personnage de Pochio se retrouve aussi dans la position d’anti héros mais malgré lui. Perdu, n’étant plus capable de grand chose sauf d’apprendre des chansons et de les chanter, il va découvrir petit à petit son passé de raté…

Kasumi (l’excellente Fumi Nikaido), la gérante du studio, et manageuse du groupe, semble au départ se servir de lui, mais vite, on comprendra que leur relation permet de combler un vide commun, de retrouver juste le sourire comme lors de la scène des pastèques.

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La mise en scène de Nobuhiro Yamashita, à la fois simple et inventive, permet au spectateur d’être à la fois ancré dans un univers froid d’un quartier dur d’Osaka mais aussi d’être dans la légèreté grâce aux touches d’humour subtiles qui parsèment le film, parfois dans un arrière plan, ou une action hors champ, le réalisateur arrive à nous faire rire. Aussi la scène du concert où le temps semble se figer se révèle par ailleurs une vraie réussite esthétique.

Subaru Shibutani (leader d’un boss band au japon) s’en sort à merveille jouant parfaitement les naïfs mais aussi le voyou rebelle.

Les chansons jouées dans le film décuplent la force émotionnelle, surtout le titre Furui Nikki d’Akiko Wada que Pochio ne cesse de vouloir chanter, lui rappelant des souvenirs. Le goupe Akainu, lui, existe bel et bien et ils interprètent leurs propres chansons.

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En conclusion Nobuhiro Yamashita aime à croquer les personnages en marge, et sa ville Osaka, mêlant avec élégance drame et poésie. La la la at rock bottom nous montre un autre visage d’Osaka et du Japon, ici un quartier dévoué aux petites frappes, et aux jobs difficiles. Mais l’humour permet d’éviter le pathos, ne se dégage alors qu’un film plein d’humanité, rappelant un peu ce que pouvait proposait Tsai Ming Liang dans ses portraits de personnages perdus. Un beau film à découvrir.

 

La la la at rock bottom est actuellement en compétition au festival kinotayo et passera jeudi 3 décembre au Gaumont opéra premier à 19h05 en présence de Shinji Ogawa le producteur du film, ainsi que le 5 décembre à 14h à la maison de la culture du Japon à Paris.

 

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