Critique : Love and peace de Sono Sion
2.0Note Finale
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L’histoire : Ryoichi rêvait de devenir un rockeur punk quand il était plus jeune, pour finalement devenir un vendeur timide dans une boutique d’instruments de musique. Il est amoureux de Yuko, mais n’ose pas le lui avouer. Un jour, il trouve une tortue sur le toit d’un grand magasin. Il la baptise Pikadon et l’adore, mais ses collègues se moquent de lui. Il finit par jeter sa tortue dans les toilettes, et regrette amèrement son geste. Pikadon se retrouve dans les égouts et rencontre un vieil homme qui vit dans les souterrains. Et quelque chose finit par se passer…

 

Présenté à l’Etrange festival, Love and Peace de Sono Sion était un des évènements attendus de la programmation. Un film de kaiju mis en scène par le réalisateur fou de Why you don’t play in hell, et de Tokyo tribes, ça ne pouvait qu’éveiller notre intérêt, mais qu’en est il du résultat ?

Autant le dire d’entrée, Love and peace divisera, d’un côté ceux qui y verront une comédie surréaliste réussie, et de l’autre ceux qui subiront un film foutraque dont on ne saisit pas le propos. Malheureusement on se trouve dans la seconde catégorie.

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En effet, le film se concentre sur le personnage caricatural (et assumé) de Ryoichi, qui est asocial, subissant des humiliations de ses collègues, et n’arrivant pas à exposer ses sentiments à Yuko. Dès lors, la petite tortue qu’il s’offre pour avoir une amie, va lui permettre de se révéler, devenir un musicien accompli, une star de J-rock… Pikadon la tortue, l’aidant en lui soufflant les airs de ses compositions jusqu’aux paroles en faisant tomber des livres…et oui tout est possible.

Alors, oui, on rit par moments, face à ces situations absurdes et surréalistes, mais le scénario partant dans tous les sens, on est rapidement perdu, se demandant où Sono Sion veut il en venir, se disant immanquablement à la fin du film : tout ça pour ça…

Car entre Ryoichi qui n’attire pas l’empathie étant tellement caricatural, ou le personnage de Yuko totalement sous exploité, ou encore le vieil homme des égouts qui vit parmi les animaux et les jouets animés, parmi lesquels un chat en peluche parlant, une poupée d’enfant, et la tortue Pikadon qui devient géante, on se demande qui est le personnage principal, de quel point de vue est traitée cette histoire ?

D’ailleurs le problème de point de vue se ressent au niveau du genre du film, Love and peace est-il un kaiju, un conte de noël, un film surréaliste, une comédie potache, une satire du monde de la musique au Japon ? On ne sait pas, c’est tout à la fois, avec une sensation de trop plein, de quelque chose non maîtrisée.

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La mise en scène contient pas mal de bonnes idées, des images parallèles entre Pikadon petite et Pikadon géante, les séquences avec les jouets qui déambulent en ville, mais cela n’empêche pas l’ennui. Concernant la musique, au début du film, quand on découvre la chanson titre Love and peace, on la trouve sympa, et deux heures plus tard, on n’en peut plus…

 

En conclusion, Love and peace désarçonne, ne sachant pas à quel public il s’adresse exactement, est-ce un film pour enfant ? Film mélangeant trop les genres à en devenir complètement foutraque, Love and peace se verra comme une petite curiosité mais pas comme une grande œuvre de Sion.

Nous on vous conseille fortement d’autres films du réalisateur si vous souhaitez découvrir son univers, comme Tokyo Tribes qui sera projeté à la Maison de la culture du Japon à Paris le 2 décembre 2015 à 19h30.

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