On en parle pas souvent mais le cinéma de Singapour sera à l’honneur à la cinémathèque de Paris du 10 juin au 6 juillet 2015. De quoi se rendre compte que Anthony Chen (Ilo Ilo, Caméra d’Or à Cannes en 2013), n’est pas le seul réalisateur à connaitre.

Petite présentation du cycle par la cinémathèque :

Du cinéma singapourien, que sait-on en France ? Bien peu de choses en somme, car au-delà de quelques récentes projections festivalières, c’est un cinéma qui n’existe pas sur nos écrans, quasiment jamais distribué en salle ou en vidéo, et encore plus rarement diffusé à la télévision. Le nombre de films singapouriens que le cinéphile pourtant averti connaît éventuellement se comptent sur les doigts des deux mains, pas plus : quelques Eric Khoo (12 Storeys, Be With Me, ayant eu l’honneur d’une sélection cannoise en leur temps) et Royston Tan (le controversé 15, le beaucoup plus sage 881), et les – pour le moment – uniques longs métrages de Ho Tzu Nyen (Here, à la Quinzaine des réalisateurs en 2009), Boo Junfeng (Sandcastle, à la Semaine de la critique en 2010) et Anthony Chen (Ilo Ilo, Caméra d’Or à Cannes en 2013, première absolue pour Singapour).

Cette visibilité internationale relativement récente pourrait presque laisser à penser que nous assistons à la naissance d’un nouveau cinéma. C’est un peu vrai, tellement le septième art singapourien d’aujourd’hui semble sortir de nulle part, partant de zéro, devant s’inventer totalement. Mais c’est aussi une vue très largement fausse, car il y a eu un autre cinéma singapourien, allant de la fin des années 1940 à la fin des années 1960, alors que celui de la jeune génération actuelle ne vit le jour qu’à partir de 1995. Et au milieu, un étonnant coma cinématographique qui réduisit à néant toute production. La tabula rasa fut telle qu’il n’existe aucun lien entre les deux époques. Pas d’acteur ni de réalisateur qui aurait fait le pont entre les générations. D’où une cinématographie bifide. Deux visages d’un même pays, ne se ressemblant que fort peu, ne parlant même pas la même langue. Ainsi, le cinéma d’avant parle essentiellement malais et est interprété par des Malais, tandis que le cinéma d’aujourd’hui parle essentiellement chinois (avec une petite place faite à l’anglais) et est interprété par des acteurs pour la plupart ethniquement chinois. La programmation ici proposée est le reflet de cette réalité historique.

La sélection est importante et vous allez vraiment pouvoir découvrir tout ce qu’offre ce cinéma de 1950 à la Nouvelle Vague contemporaine :

Le calendrier des projections est dispo sur le site de la cinémathèque : http://www.cinematheque.fr/fr/calendrier-cycle.html?cycl_id=bf35f9a9-11a8-4115-83c2-000000000297#jour_today

 

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