Critique : L’île de Giovanni de Mizuho Nishikubo
4.0Note Finale
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L’histoire :
1945 : Après sa défaite, le peuple japonais vit dans la crainte de l’arrivée des forces américaines. Au nord du pays, dans la minuscule île de Shikotan, la vie d’après-guerre s’organise dans la peur de l’invasion. Ce petit lot de terre, éloigné de tout, va finalement être annexé par l’armée rouge. Commence alors une étrange cohabitation entre les familles des soldats soviétiques et les habitants de l’île que tout oppose. L’espoir renaît à travers l’innocence de deux enfants, Tanya et Junpei…

L’île de Giovanni vient de sortir Bluray et Dvd chez Kaze.

Avec L’île de Giovanni, le réalisateur Mizuho Nishikubo (entre autre collaborateur de Oshii sur Ghost in the shell) offre une œuvre susceptible de plaire et d’intéresser un large public, du jeune spectateur au public adulte, en abordant les thèmes de la guerre, de la fraternité, et de l’amour.

Le scénario dévoile une partie de l’histoire du Japon d’après-guerre, rarement traitée dans le cinéma nippon. Beaucoup de films montrent l’occupation américaine dans le cinéma des années 60-70 (dans les films de Yakuza entre autre), alors que le conflit territorial avec la Russie reste peu abordé.

L’île de Giovanni débute par la défaite japonaise en Août 1945, voyant le débarquement de forces russes sur les îles du nord du pays, dont Shikotan.

Mizuho Nishikubo ne traite pas ce sujet dans un manichéisme simpliste, l’envahisseur russe n’étant pas forcément complètement mauvais. Le réalisateur humanise ce conflit, par touche, à travers un militaire compréhensif, les enfants russes et japonais chantant leurs comptines respectives, et surtout à travers l’histoire d’amour innocente entre Junpei et Tanya, l’adolescente russe.

La cohabitation avec les colons russes est alors perçue comme vivable.

Puis dans un second temps, l’histoire tourne plus au dramatique avec l’envoie de leur père Tatsuo dans un camp de travail forcé en Russie. Junpei et son frère Kanta partiront à sa recherche avec tout ce que ça entraine comme épreuves douloureuses. Le traitement poétique à travers l’évocation d’un train des étoiles dont rêve Kanta, permet de belles séquences oniriques.

Concernant la direction artistique, le caractère design demeure simple, volontairement enfantin, mais plutôt joli. Le travail sur les décors lui relève plus complexité, Production I.G. ayant fait appel à Santiago Montiel, grand directeur artistique argentin. Le style déterminé ici se trouve à la croisée de l’occident et du style japonais, entre inspiration des œuvres de Van Gogh, Egon Shiele, mais aussi des estampes. Aussi, on discernera un traitement différent apporté aux scènes du passé et celles du présent.

Pour conclure, L’île de Giovanni raconte avec simplicité une histoire humaine liée à la guerre, au destin des peuples pris en tenaille des affaires politiques et territoriales.

Le réalisateur Mizuho Nishikubo nous compte ici un récit initiatique, d’un enfant à la découverte de l’amour dans ce contexte, mais pas seulement, la fraternité, le courage, et l’abnégation en temps difficiles, sont les thématiques de ce film plein d’émotions susceptible de plaire aux petits et aux grands.

Le film est disponible en Blu-Ray :

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