Critique : The Heirs de Kang Sin-hyo
4.5Note Finale
Note des lecteurs: (8 Votes)

Alors que le buzz continue de se propager autour de la série phénomène, The Heirs, notamment après la diffusion d’un montage spécial noël, le moment est bon pour prendre le temps de donner notre avis sur ce drama.

Crée par la scénariste Kim Eun-sook, à l’ origine d’autres séries populaires de SBS, Lovers in Prague et Secret Garden, The Heirs se présente comme une comédie romantique à la croisée des chemins entre Boys Over Flowers et Gossip Girl. En effet, les deux dynamiques combinées dans la série sont celles qui ont fait le succès des deux autres mentionnées : une compétition entre plusieurs riches lycéens pour la même fille de conditions modestes qui se retrouve dans la même école par un coup du hasard, et le quotidien hors du commun de fils et filles des élites les plus fortunées de la nation. Par conséquent, The Heirs promettait beaucoup avant même d’etre diffusé. Cela s’est vérifié par la suite avec un pic d’audience nationale autour de 25,6% pour l’épisode final sur SBS. A l’étranger, le drama a déjà été prévendu dans 13 pays, mais aucune nouvelle précise en ce qui concerne l’Europe et les Etats-Unis pour l’instant.

Résumé

La série ouvre sur le quotidien de Kim Tan (joué par Lee Min Ho), deuxième fils de Kim Nam Yoon (Jung Dong Hwan), fondateur du groupe Jeguk, le plus important chaebol de Corée du Sud. Tan est né d’une affaire entre ce dernier et une roturière, Han Ki Ae (Kim Sung Ryung). De ce fait, sa naissance est considérée illégitime par son demi-frère, Kim Won (Choi Jin Hyuk), premier fils du président Kim, et la femme officielle, Jung Ji Sook (Park Joon Geum). Alors que le président Kim rencontre des difficultés de santé, Won est nommé pour le représenter aux conseils d’administration. Doté de ce pouvoir, Won force Tan à l’exil et l’envoie à Los Angeles pour y étudier, mais en fait « s’amuser », écartant ainsi la possibilité d’une compétition future pour le contrôle du groupe si Kim Nam Yoon venait à décéder.

Ainsi, Kim Tan est logé dans une résidence de luxe sur la côte californienne et bénéficie d’un traitement de rêve. Comme recommandé par son frère, il ne fait que s’amuser, passe son temps sur la plage de Santa Monica avec ses amis américains, surfe, se relaxe au bord de sa piscine… et parfois va en cours lorsqu’il y en trouve la motivation. Un jour, son quotidien de rêve se retrouve perturbé lorsqu’il assiste à une scène de dispute entre une serveuse, Cha Eun Suk (Yoon Jin Seo), et une autre coréenne, plus jeune, qui s’avère être sa petite sœur, Cha Eun Sang (Park Shin Hye) – venue la voir de Corée afin de lui transmettre l’argent pour la préparation d’un supposé mariage.

Alors que Eun Suk s’enfuit avec l’argent de sa sœur, et que le camarade de Tan, Jay (Aaron Groben), méprenant la poudre servant à préparer des boissons traditionnelles coréennes pour une sorte de drogue, se jette sur elle… Tan essaie d’intervenir pour éviter le chaos. Les trois sont finalement emmenés au commissariat de police où Eun Sang se fait confisquer son passeport. Constatant la détresse de la jeune lycéenne, n’ayant pas d’endroit où aller, étant coincée sans ses papiers et sa sœur enfuie, Tan lui propose de l’héberger. Cela se complique lorsque la fiancée de Tan, Rachel Yoo (Kim Ji-won), héritière de RS International, société majeure du prêt-à-porter, lui rend visite, et expulse Eun Sang. Celle-ci trouve refuge auprès de son meilleur ami, en échange aux Etats-Unis, le « premier de la classe » Yoon Chan-young (Kang Min-hyuk), qui lui prête de l’argent pour rentrer en Corée du Sud.

Tout émoustillé de cette rencontre, Tan remet en question sa situation, et décide de rentrer en Corée. A son retour, il réalise bientôt que non seulement Chan-young est le fils du secrétaire général du groupe Jeguk, Yoon Jae-ho (Choi Won-young), mais aussi que Eun Sang est la fille de la bonne, muette, de sa famille, Park Hee-nam (Kim Mi-kyung). La mère de Eun Sang ayant procédé à un emprunt important pour financer le (faux) mariage de sa fille Eun Suk, elle a du emménager dans la résidence des Kim – ce qui mène Tan à la revoir dès son retour des Etats-Unis.

Le président Kim se rendant compte de la romance naissante entre Tan et Eun Sang décide d’envoyer les deux dans la même école, le lycée Jeguk, les mettant à l’épreuve dans un établissement où les enfants des 1% plus riches de Corée se comparent constamment et établissent une hiérarchie interne entre riches et moins riches. La pression force Eun Sang à cacher sa situation. Cela intrigue Choi Young-Do (Kim Woo-bin), fils héritier de la chaine d’hôtel Zeus, qui s’en prend à elle afin de blesser Tan, a qui il en veut a mort. En effet, meilleurs amis trois ans auparavant, le départ soudain de la mère de Young-Do lui a laissé une rancœur profonde qu’il a transférée sur Tan.

Alors que Young-Do commence à éprouver des sentiments pour Eun Sang, et que celle-ci voit sa situation progressivement dévoilée, la relation entre celle-ci et Tan se retrouve mise à rude épreuve. Le président Kim essaie à divers reprises d’éloigner Eun Sang de Tan, ayant déjà son autre fils Won impliqué dans une romance avec une autre roturière, brillante et douce, Jeon Hyun-joo (Im Joo-eun).

Mais, suite à la révélation de plusieurs secrets, l’échec de plusieurs mariages arrangés, et le départ de sa famille de son domicile, Kim Nam Yoon fait une attaque. Le complot de sa femme Ji Sook échouant, et lui-même reprenant conscience suite à une opération réussie, il regagne confiance en ses fils Won et Tan – ce qui permet une pleine reconnaissance de la relation entre Eun Sang et Tan.

Si Young-Do retrouve sa mère, et plusieurs amours secrets sont enfin devenus légitimes, le père de Young-Do est arrêté et Won est forcé d’accepter un mariage arrangé pour asseoir son pouvoir comme nouveau dirigeant officiel du groupe Jeguk.  Bref, le bonheur des uns n’est pas sans sacrifices.

Critique

La série Heirs (autrement appelée The Inheritors) prend un univers unique comme fond à son histoire, celui d’élites fortunées. Celui-ci fascine tout comme introduit une dimension imaginaire. Une histoire à la Cendrillon, les drames sont nombreux, et la diversité des situations intriquées des personnages donnent un dynamisme prenant qui regorge de potentiel émotionnel. Si cet univers parait déjà vu, dans Boys Over Flowers notamment, la perspective différente et diverses composantes donnent une certaine touche de fraicheur.

Tout d’abord, la bande originale s’avère être très bien réussie. Les paroles tout comme la sonorité traduisent très efficacement les émotions. Un nombre limité de chansons permet de donner une identité musicale au drama, et renforce la force émotionnelle des moments clés, de par la référence à diverses situations similaires vues dans les épisodes préalables – avec ou sans flash-back.  Toutes les émotions sont ainsi au rendez-vous : douleur (Growing Pains, Love Is…), douceur romantique (Don’t Worry About Me), passion (I’m Saying, Moment, In The Name Of Love), bonheur épanoui (Serendepity), nostalgie (Only With My Heart) ainsi que les sentiments confus des deux personnages, chantés par chaque acteur – Painful par Lee Min-ho (Kim Tan) et Story par Park Shin-Hye (Chan Eun Sang). La chanson la plus marquante de la série serait I’m Saying et la plus entrainante est évidemment Serendipity.

Le début de l’histoire se situant à Los Angeles et Santa Monica, The Heirs débute avec un contexte unique et intriguant pour un drama coréen. Ayant moi-même vécu là-bas quelques temps, je visualise très bien les divers lieux de la série, ce qui explique peut-être un sentiment d’attachement rapide. Une bonne recherche des lieux a été faite, rendant bien la réalité de L.A. Je ne serais pas étonné si la série donnait un regain d’intérêt pour la Californie et ses paysages côtiers resplendissants. Cela m’a moi-même donné envie d’y retourner…

Du point de vue de la caractérisation des personnages, les positions bien marquées du début s’attenuent avec les épisodes, peut-être parfois un peu trop vite. On s’étonne même à avoir de la compassion voir à aimer le personnage de Young-do, qui pourtant terrorise tous ses camarades et y compris le spectateur au début du drama.  L’intention d’un Kim Tan « glandeur » n’est pas très claire, cela ne ressort pas tellement de son personnage… faire du surf de temps en temps n’est pas que pour les « mauvais élèves ». Il semble uniquement n’avoir aucun réel intérêt dans la vie. Pour autant ces petits détails ne viennent pas tant tâcher des performances très crédibles des acteurs. On notera le regard profond, tueur et/ou nostalgique de Young-do, l’équilibre dynamique entre une Eun Sang rêveuse et forte de caractère, le caractère mystérieux de Lee Hyo-shin (Kang Ha Neul) ou encore l’adorable Lee Bo Na (Krystal Jung).

D’un point de vue général, l’attrait de la série a pu être renforcé par la présence de plusieurs stars de la K-pop avec des membres de f(x) (Krystal Jung) and ZE:A (Park Hyungsik), mais aussi de Lee Min-ho connu grâce à Boys Over Flowers et Park Shin-hye avec le succès surprise du box office coréen de  2013, Miracle in Cell No. 7 (12,32 millions de tickets vendus).

Indépendamment de cela, l’histoire est très prenante, alternant entre moments émotionnels allongés, renforçant douleur et nostalgie, et moments denses en événements. Ce dynamisme est également ponctué d’humour de situation malgré une atmosphère plutôt sombre et oppressante. Si Eun Sang est malmenée tout au long de la série, la perspective est presque toujours optimiste. Les dialogues se font souvent légers, ponctuant d’humour des conversations qui prennent une tonalité parfois très sérieuse et désespérée. Bien que le début de l’histoire aux Etats-Unis est rapide, voire trop rapide, la transition est habile pour ramener vers un schéma traditionnel de drama coréen local. Le fait d’avoir changé l’Australie (dans le scénario d’origine) pour les Etats-Unis a d’ailleurs été une bonne décision car ce dernier pays exerce une plus grande fascination de la part des élites coréennes – qui pour beaucoup partent étudier là-bas.  L’alternance entre univers d’entreprise (discussions à l’occasion des arrangements de mariages, conseils d’administration) et scolaire contribue également à enrichir une histoire qui pourrait facilement tomber dans une atmosphère à l’eau de rose. Ainsi, froideur rationnelle des affaires compensent des épanchements émotionnels parfois vraiment très forcés… avec cependant très peu de scènes « physiques », si ce n’est une scène de bagarre, et quelques baisers furtifs et câlins à la volée.

Finalement, on ne peut parler de The Heirs sans remarquer la beauté des décors et la qualité des maquillages qui donnent un côté très esthétique à la série. Les acteurs plus séduisant les uns que les autres contraste avec la laideur du commerce des mariages qui se fait dans ce monde obsédé par l’argent et le superficiel. La passion puissante entre Tan et Eun Sang en est d’autant plus belle – surmontant tous ces obstacles et transcendant les contextes socioéconomiques.

La série sera disponible chez Dramapassion courant février

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