Dans le cadre du festival du film coréen de Londres, et parmi les nombreuses rencontres et masterclass organisées par le centre culturel coréen, nous avons eu l’occasion de participer a une masterclass autour du film ‘Fists of Legend’ en presence du réalisateur et producteur légendaire Kang Woo-suk et de l’acteur principal Yoon Je-moon (quoiqu’endormi en raison du jetlag !). Kang Woo-suk a bénéficie d’une rétrospective dédiées a ses films lors du festival. En plus d’être un réalisateur accompli, il a été implique dans la production de plus d’une centaine de films, dont beaucoup de films de premier plan. Comme à l’habitude, Tony Rayns a coordonne la session.

 

Tony Rayns : Qu’est-ce qui vous a pousse à participer au projet ?

Kang Woo-suk : Dans la société coréenne, les pères coréens des leur quarantaine tendent à se poser beaucoup de questions lorsque leur vie tend à devenir plus difficile mentalement et physiquement. Ils doivent se battre pour survivre, trouver leur sens et place dans la société. C’est avec ce concept en tête que j’ai commence à travailler sur Fists of Legend.

 

Tony Rayns : Il y a beaucoup de scènes impliquant des techniques complexes d’arts martiaux. Comment avez-vous procédé avec les acteurs (entrainement, cascadeurs) ?

Kang Woo-suk : Il y  a effectivement pas mal d’action. Les acteurs performent toutes les scènes, et s’ils se blessent doivent continuer pour le bien du film. Malgré la possibilité de se briser la colonne vertébrale, nous faisions bien attention, et des acteurs se sont quand même blesses : l’un s’est brise une dent, et Yoon Jun-sang a même eu une blessure sérieuse, et a choisi de continuer à tourner.

 

Tony Rayns : Yoon Je-moon, une question afin de vous réveiller: le tournage semble avoir été physique, comment vous êtes vous préparé ?

Yoon Je-moon: Toutes mes excuses, je suis encore fatigue de mon vol, je suis arrive aujourd’hui. Dans mon cas, et comme pour les autres acteurs principaux, nous sommes allés à une école d’arts martiaux pour apprendre de nombreux arts différents. Nous avions beaucoup de pression. Cependant, alors que les autres acteurs, notamment Hwang Jeong-min, ont travaille très dur pour renforcer leur corps, je n’avais pas besoin de faire autant d’exercice pour mon personnage : 10 ans se sont écoulés depuis qu’il a arrêté de faire de la boxe.

 

La parole a ensuite été passée au public…

Question 1 : Vous avez réussi à générer un bon équilibre entre émotions et action. Quelle partie de cette composition vous a paru la plus difficile ?

Kang Woo-suk : Les scènes d’action ne sont pas tellement difficiles. Ma seule inquiétude était de savoir si des acteurs non-professionnels des arts martiaux arriveraient à rendre leurs performances réalistes. Heureusement, j’ai trouve satisfaction dans ces scènes d’action, tout comme dans celles plus sentimentales.

Yoon Je-moon : Pour des acteurs dans leur quarantaine comme Yoo Jun-sang, Hwang Jeong-min et moi, ce fut difficile. Hwang Jeong-min a même arrêté de boire et ses efforts m’ont inspire beaucoup de respect pour lui.

Question 2 : La fin de votre film est plutôt inhabituelle pour un film de sport. Il n’y a pas de réelle résolution, qu’est ce qui vous a pousse à faire un tel choix ?

Kang Woo-suk : Ce n’est pas tant un film à propos de qui gagne entre deux amis, mais de comment nous apportons une résolution aux problèmes de notre vie de tous les jours. Pourquoi des amis devraient-ils se battre ? Il ne faut pas oublier l’amour que le personnage de Hwang Jeong-min porte a sa fille, et ce malgré l’importance de l’action.

Question 3 : Lors de votre préparation pour votre film, en termes d’écriture et de réalisation, quelles recherches avez-vous faites ?

Kang Woo-suk : A la base, j’ai été inspire par un webtoon, une bande dessinée en ligne. Bien que l’histoire ne soit pas directement reliée, cette BD met l’accent sur le sentiment de suffocation des hommes dans leur quarantaine et leur recherche d’une fraicheur pour donner un nouveau sens à leur vie. Le scenario est original et est à la base de la réussite du film.

Tony Rayns : Kang avait d’ailleurs réalisé un autre film inspire d’un webtoon en 2010 : Moss.

Question 4 : Lequel des acteurs serait le meilleur si vous étiez amenés à combattre pour « de vrai » ?

Yoon Je-moon : Dans la vraie vie… nous ne nous battons pas (rires). Si Lee Yo-won était la, je dirais que c’est lui. Mais je ferais de même si Hwang Jeong-min était la (rires).

Question 5 : Combien de temps cela vous a-t-il pris pour tourner et préparer le film ?

Kang Woo-suk : La préparation a pris six mois et le tournage quatre. Il s’agit d’ailleurs de mon 99eme film en tant que producteur.

Yoon Je-moon : … et ce serait un honneur de pouvoir travailler sur le 100eme film du réalisateur Kang !

Question 6 : Quelle est votre opinion sur l’état actuel de l’industrie cinématographique coréenne ?

Kang Woo-suk : L’industrie du cinéma coréenne s’est beaucoup développée grâce au soutien de l’audience locale, qui exprime une forte préférence pour ses propres films et dramas. Cela a permis une grande amélioration en termes de qualité.

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