Au milieu de la multitude de légendes du cinéma hongkongais présents au festival Paris cinéma 2012, de Yuen Wooping à Kara Wai, en passant par Allen Fong, nous sommes tombés sur le profil d’une toute jeune réalisatrice dont nous n’avions jamais entendu parler. Une rencontre dans le cadre d’un entretien n’étant pas proposé, c’est après avoir vu son film High Noon que nous l’avons interrogé et avons tenté d’en savoir plus sur elle. Une rencontre rafraichissante qui dévoile une réalisatrice habile avec les langage et codes de sa génération pour transmettre sa vision de la jeunesse hongkongaise.

Cette jeune réalisatrice dont nous parlons s’appelle Heiward Mak. Née en 1984, elle réalise son premier long métrage High Noon en 2008, à seulement 26 ans. C’est en soumettant son projet de fin d’études en design à la Polytechnic University de Hong-Kong à Eric Tsang qu’elle fut repérée. Non seulement ce dernier lui propose de co-écrire le scénario du film Men Suddenly in Black 2 en 2006 (année où elle obtient une licence en médias numériques), mais il produit également son premier long métrage, High Noon. Jeune espoir du cinéma hongkongais, elle collabore avec Pang Ho-Cheung sur le scénario de la comédie romantique Love in a Puff en 2010 – récompensée par le prix du meilleur scénario aux Hong-Kong Film Awards 2011. Depuis, elle a sorti son deuxième long métrage, Ex (la même année), et son troisième long métrage, Diva sera en salles à Hong-Kong pour l’été 2012. Elle est également la réalisatrice de la série populaire Women with Dreams – Beside(s) Happiness récompensée aux Silver Screen Awards du festival de Singapour 2011.

Le film présenté, High Noon, se veut, selon la volonté de la réalisatrice, une vision humaine du quotidien de jeunes lycéens dans un lycée catégorisé parmi les plus mauvais. Souvent méprisés, traités comme des « déchets » sans avenir dans le système éducatif hongkongais, Heiward Mak veut les montrer comme des êtres humains qui ont les mêmes préoccupations que tous les autres adolescents : drogue, sexualité, difficultés familiales, relations amoureuses, problèmes de popularité, violence, etc. Malgré des personnalités très différentes, ils restent unis et partagent des moments de joie ensemble. Une bagarre, le dérapage et le décès de l’un des leurs va les mettre face à la dure réalité et leur faire prendre confiance qu’il est temps pour eux de prendre leur responsabilité face à leur avenir.

Se voulant des plus réalistes, Heiward Mak est allée chercher des acteurs non professionnels sur des terrains de basketball et de football. Seulement trois des sept acteurs et deux actrices du film sont depuis devenus professionnels. Jouant sur les supports visuels, avec les codes de son époque, le sous-entendu et avec une certaine légèreté de ton, Mak sait faire passer son message avec une très bonne touche d’humour.

Réalisatrice à suivre, pleine de talent et qui bénéficie déjà du support d’une légende du cinéma hongkongais, Eric Tsang.

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