Derek Tsang Kwok Cheung (曾国祥) est né à Hong-Kong, le 8 novembre 1979. Après une enfance à Vancouver, il est venu à Toronto pour poursuivre ses etudes. Ensuite, retourné à Hong-Kong, il a commencé comme assistant de production pour la société de Peter Chan, Applause Pictures, et a débuté en tant qu’acteur. Au cours des dix dernières années, il a eu la chance de travailler à tous les niveaux de production, notamment pour Pang Ho-Cheung. Lover’s Discourse (2010), co-réalisé avec Jimmy Wan, est son premier film en tant que réalisateur.

Entretient réalisé dans le cadre du 15eme Toronto Reel Asian International Film Festival

Entretien avec Derek Tsang, réalisateur du film d’ouverture du festival, Lover’s DiscourseTsang TFestival cineasieEntretien avec Derek Tsang, réalisateur du film d’ouverture du festival, Lover’s Discourse

Toronto: Vie étudiante & Attachement émotionnel

Brice. Cine-asie.fr : Avant de rejoinder l’industrie de l’entertainment hong-kongaise, tu as étudié plusieurs années à Toronto. Quelle était ta spécialité à l’université de Toronto ? Qu’est-ce qui a fait la différence dans tes choix ?

 Derek Tsang : J’ai étudié la sociologie pendant quatre ans, ce qui semble un peu éloigné de ce que je fais maintenant. Mais, en fait, je suis heureux d’être passé par là. Cela a été très bénéfique pour mon écriture, car la sociologie m’a donné une vision élargie du monde. En tant qu’écrivain, cela m’a vraiment ouvert les yeux. Quand je suis retourné à Hong-Kong, j’ai rencontré beaucoup de gens qui avait étudié le cinéma à l’université, et d’une certaine manière, il me semble un peu trop étroit dans leur vision des choses. Ils manquent pas mal d’élément du monde qui les entoure. Si c’est pour un emploi plutôt technique, comme caméraman, cela peut encore passer. Mais, lorsqu’il s’agit d’être script ou réalisateur, il est nécessaire d’avoir un champ de vision plus large. Donc, pour ceux qui veulent être réalisateur, étudier le cinéma n’est pas un impératif.

 

Brice: Tu fais souvent reference à Toronto, comme une ville qui t’a beaucoup offert en termes d’opportunités pour construire ta culture cinématographique, dont de nombreux festivals de film, et que tu souhaites depuis longtemps revenir pour presenter ton premier film. Au moment où tu étais encore étudiant, le « Toronto Asian Reel Film Festival » était dans ses premières éditions (le festival a été lancé en 1997). En avais-tu entendu parler ? Est-ce ton choix d’avoir soumis ton film à ce festival en particulier ?

 Derek: Je ne connaissais pas ce festival à l’époque. Je souhaitais juste revenir présenter mon film à Toronto. En fait, il se trouve que les programmateurs du festival avaient entendu parler de mon film, et ont approché notre société de distribution. J’étais bien sûr très heureux de pouvoir présenter mon film.

 Lover’s Discourse

 Brice: Dans ton premier film en tant que réalisateur, tu as fais le choix d’une référence biologique et psychologique en introduction. Dans le dernier film de Peter Chan, Wu Xia (2011), on peut remarquer un usage similaire de la référence à des mécanismes biologiques. Y a-t-il eu une influence de la part de l’un ou l’autre ? D’où est venue cette idée ?

 Derek: En fait, mon film avait été écrit et produit avant Wu Xia. L’idée est venue de nombreux livres que j’avais lu par le passé, pour comprendre ce qu’est l’amour et alimenter mon script. Il y avait certaines idées qui ressortaient systématiquement, et j’ai pensé qu’il pourrait être intéressant de les inclure dans un prologue.

 Brice: Comment est venue l’idée de ce prologue? Comment était-ce initialement ?

 Derek: En fait, initialement, le prologue était beaucoup plus long qu’il n’est actuellement. Maintenant, cela ressemble plus à un générique de début. L’idée, à l’origine, était d’avoir un prologue séparé, très indépendant, et de filmer à la manière d’un documentaire de Discovery Channel ou National Geographic, qui permettrait d’expliquer ce qu’est l’amour d’un point de vue biologique. Mais, à cause de la durée du film, nous avons du réduire ce passage à une sorte de générique de début.

 Relations avec son père, Eric Tsang

Brice: Ton père est Eric Tsang[1]  (曾志偉), un acteur très connu à Hong-Kong, en particulier pour Infernal Affairs (2002-03), et maintenant également en tant que réalisateur avec I Love Hong-Kong (2011). Etonnamment, ton parcours et celui de ton père semblent coïncider : en 2001, ton père reprenait son travailler d’acteur après quatre ans d’absence (Alan and Eric de Peter Chan), et tu débutais ta carrière d’acteur[2]  (Shadow) ; en 2010, il reprenait la direction de film (72 Tenants of Prosperity) et tu tournais Lover’s Discourse. Y a-t-il eu une influence de ton père sur ta carrière, de ce point de vue ?

Derek: Je pense que ce n’est qu’une coïncidence. Je suis devenu acteur par hasard. Je n’ai jamais essayé de le devenir. C’est arrivé comme ça, un jour un réalisateur m’a approché et m’a demandé si je voulais être acteur dans son film. J’ai répondu pourquoi pas, et j’ai saisi l’opportunité.

 Brice: Tu ne jouais pas pour Peter Chan au début? Etait-ce une activité à temps plein au début ?

 Derek: Non. Au début, c’était quelque chose que je faisais de manière occasionnelle. Initialement, je travaillais comme assistant de production, script pour Peter Chan. J’ai occupé plein de rôles classiques pour une entreprise de production, mais tous derrière la caméra. Puis, un jour, des gens de l’extérieur m’ont offert l’opportunité de jouer dans un film, c’est de cette manière que j’ai commencé.

 Brice: As-tu continué de jouer de manière occasionnelle, toutes ces années?

 Derek: Quand j’ai quitté la société de Peter Chan, j’ai commencé à jouer à temps plein, et suis tombé amoureux de la carrière d’acteur. Je voulais donc me concentrer sur celle-ci. Mais, j’ai toujours continué à travailler mes compétences pour devenir réalisateur un jour.

 Relations avec le réalisateur Pang Ho-Cheung

 Brice: Tu as travaillé sur de nombreux films de Pang Ho-Cheung. Quelle influence cela a-t-il eu sur toi ?

 Derek: Disons que nous nous influencions l’un l’autre, parce qu’à l’époque où je l’ai rencontré, il était encore relativement nouveau réalisateur. Nous nous connaissons depuis longtemps, et nous nous aidons régulièrement pour les scripts, les tournages, apprenant en même temps les rouages de l’industrie.

 The Thieves: une nouvelle étape dans la carrière de Derek

 Brice: En mai 2011, tu as travaillé en tant qu’acteur sur le thriller The Thieves도둑들, réalisé par Choi Dong-hun최동훈, qui était ta première collaboration dans un production étrangère, dans ce cas coréenne, par la société de production Showbox.

Non seulement, tu as travaillé avec un réalisateur coréen populaire, mais aussi avec des acteurs avec beaucoup d’expérience et très appréciés, dont Jun Ji-hyun 전지현 (Gianna Jun; My Sassy Girl, 2001; Snow Flower, 2011), Oh Dal-Su 오달수 (Old Boy, 2003; The Good, the Bad and the Weird, 2008; Thirst, 2009; Detective K, Hindsight, 2011), Lee Jung-Jae 이정재 (Il Mare, 2000 ; Typhoon, 2005 ; The Housemaid, 2010), Kim Yun-Seok 김윤석 (The Chaser, 2008 ; Woochi, 2009 ; The Yellow Sea, 2010), Kim Hye-Soo 김혜수 (Tazza: The High Rollers, 2006), la pop-star Kim Soo-Hyun 김수현ainsi que les stars hong-kongaises Simon Yam 任達華 (Ip Man, 2008; Bodyguards and Assassins, 2010) et Angelica Lee 李心洁 (The Eye, 2002; Sleepwalker, 2011).

Comment était-ce ?

Derek: C’était vraiment super! J’adore le cinéma coréen, et le moment où j’ai appris qu’il y avait une chance pour que je tourne dans un film coréen, j’ai tout de suite donné mon accord, parce que je voulais vraiment avoir l’expérience de jouer avec des acteurs coréens. Et c’était vraiment bien, car l’équipe de tournage coréenne était vraiment soudée, il y avait un excellent esprit d’équipe, j’ai vraiment adoré l’expérience de travailler avec eux.

 Brice: Et comment étaient tes relations avec le réalisateur, et les différents acteurs ?

Derek: Nous nous entendions tous très bien. De nombreuses fois, après les tournages, nous allions boire un verre, et nous étions vraiment très proches tous ensemble. Moi, Simon, Angelica, et tous les acteurs coréens, nous sortions tout le temps, après les heures de tournage. C’était vraiment super. Ils nous aimaient beaucoup, et nous les aimions beaucoup aussi.

Brice: Donc, tu souhaites participer à plus de productions coréennes et internationals à l’avenir?

Derek: Sans aucun doute, si on m’offre l’opportunité, je dirais oui tout de suite.

 


[1] http://asianmediawiki.com/Eric_Tsang

[2] http://asianmediawiki.com/Kwok_Cheung_Tsang

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