Après la mort soudaine de son frère ainé, Shuwei (Bryan Chang) décide de réaliser le rêve qu’il n’a pas eu le temps d’accomplir : traverser le Tibet à vélo, de Lijiang à Lhassa, soit plus de 1800 kilomètres à une altitude qui varie entre 1000 et 4000 mètres.
À peine débarqué dans le Yunnan le jeune Taiwanais rencontre les premières difficultés d’une longue série qui ponctueront son périple de plus de 20 jours à travers les magnifiques paysages du Tibet.

KORA nous fait vivre au plus près —et ce littéralement grace à la réalisation très technique et parfaitement maîtrisée de Du Jiayi— le road-trip agité de Shuwei, ses découragements, ses joies, sa douleur et plus globalement son passage a l’âge adulte. Isolé sur des terres étrangères hostiles mais ébahi par la beauté de l’environnement qui l’entoure, minuscule petite chose sur son vélo face à l’immensité des pics de l’Himalaya, le héro de Du Jiayi rappelle à la fois celui de Into The Wild dont il partage la quête existencialiste et celui de 127h dont il partage une partie de la souffrance physique (largement moins extrême et gore que dans le film de Boyle), une douleur exutoire qui plus qu’un simple dépassement de soi l’amène doucement vers la paix intérieure, à Lhassa, pour la fin de son deuil, la fin de son pélerinage (Kora, le titre international quelque peu éloigné du titre original, est d’ailleurs le nom du pélerinage qui a lieu autour du mont Kailash).

Malgré un rôle très physique Bryan Chang joue très juste sans en faire trop, tout comme le reste de la distribution qu’il s’agisse de ses compagnons de route temporaires dont Li Xiao-chuan, un autre cycliste, ou des habitants locaux comme cette jeune veuve (Li Tao) qui rêve d’autres horizons, un roi de l’arnaque, une moine en pleine méditation, des garagistes ingénieux, des vieilles dames généreuses et tant d’autres.

Il nous faut louer une fois de plus plus le brio de la réalisation de Du Jiayi — épaulé par le Du Jie (A Tale of Two Donkeys) à la photo— pour son premier film, récit d’un défi physique tant que moral évitant les poncifs du genre : KORA nous en mets plein les yeux et cultive un suspense efficace tout en mettant l’aventure humaine et l’émotion au centre du récit.

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