1989, John Woo et Tsui Hark s’associent pour un remake assumé du Samouraï (1967) de Jean Pierre Melville, The Killer avec l’acteur Chow Yun Fat, figure du cinéma de Hong Kong ayant perdu 100% de son aura en jouant les bridés au pays des obèses, et Danny Lee, le cabotin du Colosse de Hong Kong (1977), incarnant un flic accaparé par une histoire d’amour entre un tueur à gages et une chanteuse mutilée. En cette fin de décennie 80, John Woo et Tsui Hark signent une œuvre sanglante et chorégraphiée.

Quand il réalise The Killer, John Woo se tourne vers la France, Melville est un guide auquel on aurait apposé le label Peckinpah, source d’inspiration purement formelle, dénuée de toute description du désordre intérieur des personnages. Le duo John Woo-Tsui Hark accouche d’une œuvre de paroxysmes, la colère des protagonistes, le jusqu’au-boutisme de l’action, la photographie dégueulasse, les fusillades chorégraphiés comme un ballet de Maurice Béjart, les mexican standoffs, les colombes affolées, des corps qui ploient au ralenti et partent en vrille avant même d’avoir rencontrés les balles des assaillants….

Critique : The Killer de John Woovlcsnap 2011 08 27 17h11m11s154 Critique : The Killer de John Woo

Producteur de l’entreprise, Tsui Hark déploie toutes ses figures de style, la caméra est aérienne, le montage est un bulldozer lyrique et captivant, le spectateur est happé par l’action. Tout un univers de clandestinité est reconstitué, les appartements vides, les cigarettes qui rougeoient dans la nuit, la ville endormie. Il ne manque plus qu’un canari s’agitant au fond de sa cage….

En complément de la tierce Chow Yun Fat-Jeff Costello-Alain Delon, Danny Lee campe un flic hargneux, motivé par le même sentiment de loyauté envers ses partenaires que le tueur sentimental. Naîtront de virils échanges entre le criminel et le flic, tournure scénaristique faisant s’entrechoquer les deux personnages centraux.

Critique : The Killer de John Woovlcsnap 2011 08 27 17h12m21s85 Critique : The Killer de John Woo

Sous des effets de stylisation à l’occidentale (l’église, la musique classique….), le duo Woo-Hark fait voyager une ritournelle interprétée par Sally Yeh, actrice ovine insufflant par la légèreté de ses cordes vocales, un peu de douceur dans un monde d’hommes, cher à Chang Cheh, père de la série des Sabreur Manchot (1970-1971).

Critique : The Killer de John Woovlcsnap 2011 08 27 17h11m00s36 Critique : The Killer de John Woo

The Killer est un polar jubilatoire franchissant un point de non retour dans le domaine de l’action, beaucoup de chair déchirée par l’acier et surtout beaucoup de romantisme. Les compères Woo et Hark font s’associer des torrents d’amour à des tourbillons de violence non simulée.

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