Six films indonésiens (sous-titrés en anglais uniquement) aux thèmes très divers : régionalisme, islam progressiste, avant-garde et culture populaire, colonialisme et résistance, critique sociale, jeunesse urbaine des classes moyennes.

C’est tout de même assez rare pour être souligné. En effet le cinéma indonésien n’est pas en top des diffusions en France.

Le cinéma indonésien à l'honneur les 4 et 5 décembre à Pariscine indo Le cinéma indonésien à l'honneur les 4 et 5 décembre à Paris

Samedi 4 décembre

13h00 Early Indonesian cinema (1950-1980), l’enfance du cinéma indonésien, présentation

des films en anglais par David Hanan, spécialiste du cinéma indonésien, Université de

Monash, Melbourne, Australie.

14h00-Régionalisme

Harimau Tjampa (Le tigre de Tjampa), 1953, mise en scène D. Djayakusuma, scénario :

Dahlan Alwi, 97 minutes, N/B

Avec Bambang Hermanto, Nurnaningsih, Titi Savitri, Raden Ismail.

Un film novateur et marquant, tourné à Sumatra-Ouest trois ans seulement après

l’indépendance de l’Indonésie : Harimau Tjampa (Le tigre de Tjampa), 1953) de

Djayakusuma est souvent cité comme le premier film régional indonésien. Tourné en

extérieur à Sumatra, il se déroule parmi les villageois des montagnes minangkabau, à régime

matrilinéaire, à la fin de la période coloniale, et explore le rôle de l’art martial, pencak silat,

dans la culture minangkabau, et en particulier ses liens avec les valeurs islamiques de la

maîtrise de soi.

Avec des extraits du film Nji Ronggeng (La danseuse de Ronggeng), 1969, mise en scène

Alam Rengga Surawidjaya, scénario Alam Rengga Surawidjaya, Sjumandjaya, W.

Sihombing, 131 min.

Avec Chitra Dewi, Dicky Zulkarnaen, Sandy Suardi Hasan, Hasan Sanusi, H. Mansjur Sjah,

Abdul Hadi, Bissu et des centaines de figurants, danseurs, pratiquants du sport de combat

“Pencak Silat”, artistes originaires de Sumedang (une ville de Java Ouest, près de Bandung).

Nji Ronggeng, tourné sur place à Java Ouest en 1969, est peut-être le film le plus

remarquable sur la culture et les traditions populaires en Indonésie. Il montre la vie des

membres d’une troupe de danse Ronggeng, et leurs déplacements et spectacles dans des villes,

villages, carnavals, dans l’ouest de Java dans les années trente.

La danse Ronggeng, comme la danse balinaise, la Joget, est un subtil mélange de sensualité et

de maîtrise du corps, exécutée dans des lieux publics par des danseuses aussi bien rémunérées

que bénévoles. Lors de ces danses, à caractère érotique, la femme, généralement une danseuse

professionnelle, choisit un homme dans la foule et l’invite à danser avec elle, son pouvoir va

jusqu’à le congédier si elle juge sa danse peu satisfaisante.

16h15-Islam progressiste

Para Perintis Kemerdekaan (Pionniers de la liberté) 1980, mise en scène et scénario

Asrul Sani, 120 minutes, en couleur

Avec Mutiara Sani, Arman Effendi, Carmelia Malik, Marlia Hardi, Cok Simbara, Asrul Sani

Tourné à la fin des années soixante-dix -dans des décors naturels, à Sumatra Ouest, parmi le

peuple Minangkabau- c’est aussi le meilleur film de cette décennie. Le metteur en scène

Asrul Sani s’est inspiré de l’oeuvre de Hamka, un écrivain originaire, comme lui, du pays

Minangkabau. Pionniers de la liberté, est un film qui se joue dans les années 1920 et, signe

particulier, met en scène une femme, porte parole de la résistance au colonialisme et à la

domination patriarcale. Cette femme, Halimah, victime de la jalousie de son mari qui restreint

sa liberté, cherche l’aide d’un réformateur islamique et s’efforce de définir son propre rôle

dans l’islam.

18h30-Avant-garde et culture populaire

-Kantata Takwa (nom du groupe de musiciens) commencé en 1992, terminé en 2008, mise

en scène et scénario Eros Djarot, Gotot Prakosa et Slamet Rahardjo, 68 minutes, en couleur

Avec notamment Iwan Fals, W.S. Rendra et une apparition remarquée du millionnaire qui a

généreusement financé ce film Djodi Setiawan.

Kantata Takwa est une docufiction musicale expérimentale sur le milieu de la musique

« engagée » en Indonésie. D’abord filmé en 1990, pendant le règne de Suharto, il ne se

termine et ne sort, pour des raisons politiques et aussi financières, qu’en 2008.

Cette docufiction se concentre sur les idées et la vie publique d’un des chanteurs pop les plus

importants de l’époque, Iwan Fals. Avec son groupe Kantata Takwa, il donne, en Juin 1990,

un concert gigantesque au vaste stade sportif Senayun à Jakarta.

Lors de ce concert, il chante de nombreuses chansons de protestation devenues très vite

célèbres dans tout le pays et invite le grand poète et dramaturge, récemment disparu,WS

Rendra, à réciter sa poésie engagée et puissante.

Oniriques -et parfois oppressantes- images pour exprimer une protestation sans appel contre le

régime répressif de Suharto.

Trois courts-métrages expérimentaux de Gotot Prakosa : Meta-Meta (1977, 3 min. en

couleur), Impuls (1976, 2 min. en couleur) et Meta-Ekologie (1979, 14 min. en n/b)

De 20h09 à 22h00 :

Cocktail, discussions et vente de livres et DVD indonésiens

Dimanche 5 décembre

13h00 More recent Indonesian cinema (1980-2010), présentation en anglais du cinéma

indonésien plus récent, plus quelques extraits d’autres films par David Hanan, spécialiste du

cinéma indonésien.

14h00-Colonialisme et résistance

Tjoet Nja Dhien (nom du personnage principal), 1988, mise en scène et scénario Eros

Djarot, 105 min, en couleur.

Avec Christine Hakim, Pietrajaya Burnama, Rita Zahara, Slamet Rahardjo Djarot

Primé au Festival de Cannes en 1998, ce film relate un épisode de la Guerre d’Aceh – Sumatra

(1873-1913) en insistant sur le rôle de l’islam dans la résistance aux colons hollandais. Le

leader Teuku Umar mène les troupes acehnaises au combat. Lorsqu’il est tué, sa femme, Tjoet

Nya Dhien, prend la relève à la tête de l’armée rebelle. Elle fait preuve d’une détermination et

d’un courage sans faille, mais, épuisée, devient aveugle; la défaite est à l’horizon. Ce film, à la

dimension épique impressionnante où on trouve un grand nombre de personnages historiques,

met en scène deux des acteurs les plus célèbres des années 1970 et 1980 en Indonésie :

Christine Hakim et Slamet Rahardjo (acteur et réalisateur de cinéma, frère d’Eros Djarot).

16h00-Critique sociale

Langitku Rumahku (Mon ciel, ma maison), 1990, Mise en scène, scénario Slamet

Rahardjo Djarot, 103 min.

Avec Pietrajaya Burnama, Banyu Biru, Sunaryo, Untung Slamet, Yati Sumaryo.

Ce film avait suscité une controverse en Indonésie à l’époque de Suharto (qui en avait

réglementé la distribution).

Jakarta : Andri, 12 ans, mène une vie protégée au sein de sa famille et entouré de domestiques

dans une maison très confortable. Il fréquente l’école où il se fait conduire tous les jours en

voiture par le chauffeur.

Gempol, même âge, vit dans un bidonville à la périphérie de la cité où il doit aider à subvenir

aux besoins de sa famille en faisant des travaux de collecte de vieux papiers. Un jour, Gempol

se faufile dans la cour d’école et assiste, à la dérobée, à une leçon. Depuis ce moment, il rêve

de pouvoir aller en classe, sans y parvenir, son aspect miteux lui vaut seulement d’être arrêté

comme un voleur. Témoin de cet incident, Andri se prend d’amitié pour Gempol …

Langitku Rumahku, soulève la question des écarts sociaux énormes à Jakarta, une ville, avec

à l’époque du tournage, d’environ 12 millions d’habitants, où 70% de la population vit dans

des bidonvilles, dans des taudis comme celui de Gempol, régulièrement démolis par l’armée et

la police. Ce film sera suivi d’un court métrage documentaire politique de 20 minutes, en

couleur :

Aikon: Sebuah Peta Budaya (Icône : une carte culturelle), 2000-2002 de Garin

Nugroho est un documentaire et une réflexion sur le Congrès de la Papouasie occidentale

tenue à Jayapura à la fin du mois de mai 2000, pendant la présidence d’Abdurrahman Wahid.

Ce film unique explore la courte période de liberté pendant laquelle les Papous purent

s’exprimer librement, avant la répression qui a suivi durant le gouvernement Megawati

Sukarnoputri.

18h15-Jeunesse urbaine des classes moyennes

Tiga Hari Untuk Selamanya (De 3 jours à l’éternité), 2007, mise en scène Riri Riza,

scénario Sinar Ayu Massie, 102 min, en couleur.

Avec Tutie Kirana, Ringgo Agus Rahman, Nicholas Saputra, Adinia Wirasti

Yusuf, un jeune homme un peu crispé de 21 ans se fait inviter par sa cousine Ambar, 19 ans,

en discothèque. Tous deux ivres morts, ils se réveillent le lendemain bien trop tard pour

attraper le vol qui devait les conduire au mariage d’un parent.

Les cousins décident alors de faire le voyage par la route et empruntent la voiture familiale.

Pendant ce périple, ils découvrent les substances illicites, des personnages pittoresques, des

discussions enflammées sur la religion, le mariage, le sexe, tout en essayant de vaincre les

tensions sexuelles grandissantes entre eux. Ils sont bien loin d’imaginer que leur voyage

durera non pas un, mais trois jours qui vont avoir un impact durable sur leur vie…

Avec Tiga Hari Untuk Selamanya, le réalisateur Riri Riza se penche sur des questions graves

avec la légèreté et l’insouciance d’un « road movie » et réussit à créer un film intimiste qui

reflète bien le sentiment des deux jeunes protagonistes empêtrés dans les conventions

sociales.

De 20h00 à 22h00 :

Cocktail, discussions et vente de livres et DVD indonésiens

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

X